Convention collective · IDCC 3248

Métallurgie : ton dimanche exceptionnel est payé double

Chaudronnier, soudeur, usineur, monteur, technicien de maintenance, agent de maîtrise, ingénieur : depuis le 1er janvier 2024, une seule convention couvre toute la métallurgie. Elle prévoit +100 % pour un dimanche travaillé exceptionnellement, +50 % pour un jour férié, +25 % pour la nuit, et +100 % pour ton jour de repos hebdomadaire quand ce n'est pas le dimanche. Et surtout : ces majorations s'ajoutent à celles des heures supplémentaires, ce que beaucoup de branches ne permettent pas. Voici les cinq réponses, chacune avec son article.

1. Le dimanche : +100 %, si c'est exceptionnel

L'article 146 de ta convention est direct : les heures de travail exceptionnellement réalisées un dimanche ouvrent droit à une majoration du salaire réel égale à 100 % du salaire de base. Ton dimanche vaut donc le double.

Le mot qui commande tout, c'est « exceptionnellement ». Si ton atelier tourne habituellement le dimanche, la convention de branche ne prévoit rien pour ce jour : ton droit vient alors de l'accord de ton entreprise, s'il en existe un. Le Code du travail, lui, n'impose aucune majoration dominicale générale.

Ce que ça vaut : un poste de 8 heures un dimanche à 14,00 € de l'heure donne 112,00 € de salaire normal, plus 112,00 € de majoration.

2. Ton jour de repos hebdomadaire : +100 % aussi

C'est la règle la moins connue de cette convention, et elle peut valoir cher. Le même article prévoit que lorsque ton jour de repos hebdomadaire est attribué un autre jour que le dimanche, les heures travaillées exceptionnellement ce jour-là ouvrent droit à une majoration de 100 %, au même taux qu'un dimanche.

Elle vise directement les équipes de suppléance et les organisations en continu, où le repos tombe en semaine. Si tu es rappelé sur ton jour de repos, ce n'est pas une journée ordinaire.

3. Les jours fériés : +50 %

Un jour férié travaillé exceptionnellement est majoré de 50 %. Le taux est deux fois plus bas que celui du dimanche et du jour de repos : c'est écrit ainsi dans le texte, ce n'est pas une erreur.

La même condition s'applique : si les jours fériés sont habituellement travaillés chez toi, la branche ne prévoit pas de majoration.

4. La nuit : deux droits, et ils ne se calculent pas pareil

Ta plage de nuit est 21 heures - 6 heures (article 108). Et ta convention prévoit deux taux différents selon que la nuit est exceptionnelle ou habituelle.

Nuit exceptionnelle : +25 %. L'article 146 majore de 25 % du salaire de base les heures faites exceptionnellement entre 21 h et 6 h.

Nuit habituelle : 15 % du salaire minimum hiérarchique (article 145), pour un poste comptant au moins 6 heures entre 21 h et 6 h. Attention à la base de calcul : ces 15 % se comptent sur le minimum de ta classification, pas sur ton salaire réel. Si tu es payé au-dessus du minimum de ta grille, le montant est donc inférieur à 15 % de ton taux horaire. L'application ne le chiffre pas : il faut ta classification pour le calculer, et le montant se vérifie ligne à ligne sur ta fiche de paie.

Si tu as le statut de travailleur de nuit, deux droits s'ajoutent. Tu deviens travailleur de nuit à partir de 3 heures de nuit deux fois par semaine, ou de 320 heures sur 12 mois consécutifs (article 108). Tu as alors droit à un repos : 20 minutes de réduction d'horaire par semaine travaillée de nuit, ou jusqu'à 16 heures de repos sur l'année (article 110). Et une indemnité de repas de nuit t'est due dès 6 heures de travail dans la plage.

5. Heures supplémentaires et contingent : 25 %, 50 %, et 220 heures

Au-delà de 35 heures par semaine : +25 % pour les huit premières heures, puis +50 % à partir de la 44e heure (article 99.2).

Ton contingent est de 220 heures par an (article 99.4). Une réserve importante : il tombe à 175 heures si ton temps de travail est décompté sur 12 mois. L'application retient la valeur haute tant qu'elle ignore si tu es annualisé, pour ne jamais accuser ton employeur à tort.

Deux contingents complémentaires existent en plus : 80 heures une année sur deux, et 150 heures avec ton accord écrit. Au-delà du contingent, chaque heure supplémentaire ouvre droit à une contrepartie obligatoire en repos : 30 minutes par heure dans les entreprises de 20 salariés au plus, 1 heure par heure au-delà.

La règle qui change tes montants : elles s'ajoutent, mais pas entre elles

Deux précisions du texte, et elles vont en sens inverse.

Elles s'ajoutent aux heures supplémentaires. L'article 146 le dit expressément : la majoration « n'exclut pas les éventuelles majorations pour heures supplémentaires ». Un dimanche qui te fait aussi dépasser 35 heures te donne les deux. Beaucoup de branches font l'inverse, où l'une remplace l'autre : vérifie bien ce point sur ta fiche de paie.

Mais elles ne se cumulent pas entre elles. Lorsqu'un même travail ouvre droit à plusieurs de ces majorations, seule la plus élevée est retenue. Une nuit de dimanche ne donne donc pas 25 % + 100 %, mais 100 %.

Et les accords de ton département ?

La métallurgie est la branche la plus locale de France, et c'est une vraie question. Nous avons relu un par un les accords de département qui touchent la nuit, le dimanche ou les jours fériés : aucun ne prévoit de majoration. Ce sont des barèmes de rémunérations garanties, des valeurs de point de prime d'ancienneté, des indemnités de panier et des jours de fête locale chômés, comme la Saint-Éloi dans le Pas-de-Calais.

Les taux ci-dessus sont donc les mêmes partout en France. En revanche, ta prime d'ancienneté et tes minima de salaire, eux, se négocient bien département par département.

Comment Pointaloo t'aide

Tu indiques ta convention une seule fois, et tu réponds à deux questions simples : tes dimanches, fériés et jours de repos sont-ils habituellement travaillés, et tes heures de nuit font-elles partie de ton horaire ? L'application applique ensuite les bons taux au fil de tes journées, en gardant la majoration la plus élevée quand plusieurs se croisent, et en les ajoutant à tes heures supplémentaires comme le texte l'exige. Elle te dit ce qui reste réellement sur ton compte après cotisations, pas seulement le brut. Si l'écart avec ta fiche de paie est réel, elle rédige la lettre de réclamation à ta place, avec l'article qui la fonde.

Sources et dates : Convention collective nationale de la métallurgie du 7 février 2022, étendue par arrêté du 14 décembre 2022, en vigueur depuis le 1er janvier 2024 : articles 99.2, 99.4, 108, 110, 145 et 146. Textes lus à la source le 8 septembre 2026, accords de département compris. Ces règles valent pour la convention de branche étendue : un accord d'entreprise peut prévoir davantage, et c'est alors lui qui s'applique.

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