Services de l'automobile : ton dimanche est payé double
Mécanicien, carrossier, technicien, réceptionnaire, magasinier, vendeur, agent de contrôle technique : si ton garage ou ta concession ouvre le dimanche, ce jour-là est majoré de 100 % et te donne en plus un repos équivalent. Un jour férié travaillé exceptionnellement vaut lui aussi le double. Mais ta convention pose des conditions précises. Voici les cinq réponses, chacune avec son article.
1. Le dimanche : trois cas, et il faut savoir lequel est le tien
Ta convention ne traite pas tous les dimanches de la même façon. Regarde lequel correspond à ta situation.
Cas 1, le plus courant : ton établissement ouvre le dimanche sur autorisation. Qu'elle vienne d'un arrêté du préfet ou d'un arrêté du maire, tes heures de ce jour-là sont majorées de 100 % du salaire horaire brut de base. Et ce n'est pas tout : tu as en plus droit à un repos équivalent, à prendre dans la quinzaine. C'est le cas des concessions ouvertes pour des portes ouvertes ou des opérations commerciales.
Cas 2 : tu travailles un dimanche à titre exceptionnel, en dehors des horaires habituels de l'établissement. La majoration est alors de 15 %. Avec ton accord, elle peut être transformée en repos plutôt qu'en argent.
Cas 3 : tu es vendeur de véhicules itinérant. Tu perçois une indemnité égale au 1/90e de tes trois derniers mois de rémunération, dans la limite de cinq dimanches par an.
Pourquoi l'application ne le calcule pas toute seule : elle ne peut pas deviner sous quelle autorisation ton garage ouvre, et c'est cette autorisation qui commande le taux. Elle t'affiche donc les trois cas et te laisse reconnaître le tien.
2. Les jours fériés : +100 %, si c'est exceptionnel
Un jour férié travaillé exceptionnellement est majoré de 100 %. Ton jour férié vaut donc le double.
Mais lis bien cette phrase du texte, elle change tout : lorsqu'un, plusieurs ou la totalité des jours fériés autres que le 1er mai sont habituellement travaillés, ce travail n'ouvre droit ni à majoration de salaire, ni à repos compensateur.
Autrement dit : si ton atelier ferme normalement les jours fériés et qu'on te demande de venir un 15 août, tu as le double. Si ton établissement tourne les jours fériés toute l'année, ta branche ne prévoit rien. L'application te pose la question une fois, et applique ensuite le bon régime.
Le 1er mai fait exception : il est payé double dans tous les cas, c'est la loi.
Un droit en repos, non calculé par l'application : dans les établissements où le repos est organisé par roulement, un jour férié travaillé ouvre droit à un jour de repos, si le nombre annuel de jours de repos de l'alternance est inférieur à celui des salariés qui chôment les fériés. C'est du temps, pas de l'argent, et cela dépend de l'organisation de ton entreprise.
3. La nuit : deux droits, selon que tu es travailleur de nuit ou non
Ta plage de nuit va de 21 heures à 6 heures. Ta convention y prévoit deux droits distincts.
Si tu as le statut de travailleur de nuit : tu perçois 10 % du minimum conventionnel mensuel de ton échelon, divisé par 151,66. C'est donc un montant en euros par heure, et non un pourcentage de ton salaire. Il dépend de ta classification, pas de ce que tu gagnes réellement.
Si tu es un salarié ordinaire amené à faire une nuit exceptionnelle : la majoration est de 50 % de ton salaire horaire brut.
L'application ne chiffre ni l'un ni l'autre. Le premier est un montant fixe : converti en pourcentage, il vaut d'autant moins que tu es bien payé, donc aucun taux unique ne serait juste pour tout le monde. Il faudrait la grille des minima conventionnels de ta branche pour le calculer.
Ce que tu peux faire : ton minimum conventionnel figure dans ta grille de classification. Divise-le par 151,66, prends-en 10 %, et compare à ta fiche de paie. Pour un minimum de 1 900 €, cela fait environ 1,25 € par heure de nuit.
4. Heures supplémentaires et contingent
Au-delà de 35 heures par semaine : +25 % pour les huit premières heures, puis +50 % à partir de la 44e heure. Ta branche suit ici le barème légal.
Ton contingent est de 220 heures par an, la valeur du régime standard. Au-delà, chaque heure supplémentaire ouvre droit à une contrepartie obligatoire en repos qui s'ajoute à la majoration : 30 minutes par heure dans les entreprises de 20 salariés au plus, 1 heure par heure au-delà.
5. Les travaux urgents : +50 %
Si ton repos hebdomadaire est suspendu pour des travaux urgents, les heures que tu fais ce jour-là sont majorées de 50 %. C'est un cas par nature exceptionnel : l'application ne le devine pas, il faut le lui signaler.
Tu indiques ta convention une seule fois, et tu réponds à une question simple : les jours fériés sont-ils habituellement travaillés chez toi ? L'application applique ensuite le bon régime toute seule, et te rappelle les trois cas du dimanche au moment où tu en pointes un, pour que tu reconnaisses le tien. Elle te dit ce qui reste réellement sur ton compte après cotisations, pas seulement le brut. Si l'écart avec ta fiche de paie est réel, elle rédige la lettre de réclamation à ta place, avec l'article qui la fonde.
Sources et dates : Convention collective nationale des services de l'automobile, article 1.10, texte en vigueur et étendu, lu à la source le 18 août 2026 et relu le 25 août 2026. Ces règles valent pour la convention de branche étendue : un accord d'entreprise peut prévoir davantage, et c'est alors lui qui s'applique.
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