Services de l'automobile : ton dimanche sur autorisation est payé double
Mécanicien, carrossier, technicien, réceptionnaire, magasinier, vendeur, agent de contrôle technique : si ton garage ou ta concession ouvre exceptionnellement un dimanche, avec l'accord de la préfecture ou de la mairie, ce jour-là est majoré de 100 % et te donne en plus un repos. Un jour férié travaillé exceptionnellement vaut lui aussi le double. Mais ta convention pose des conditions précises, et un établissement ouvert le dimanche toute l'année n'est pas majoré. Voici les réponses à tes questions.
1. Le dimanche : +100 % lors d'une ouverture exceptionnelle
Ta convention ne traite pas tous les dimanches de la même façon. Regarde lequel correspond à ta situation.
Cas 1 : ton établissement ouvre ce dimanche sur autorisation temporaire. Tes heures de ce jour-là sont majorées de 100 % du salaire horaire brut de base. Tu as droit en plus à un repos : celui que fixe la préfecture si c'est elle qui autorise ; un repos d'une durée équivalente, pris dans la quinzaine qui précède ou qui suit ce dimanche, si c'est la mairie. Exemple : 7 heures à 13 € un dimanche ouvert avec l'accord de la mairie, c'est 91 € de majoration et 7 heures de repos.
Cas 2 : ton établissement ouvre le dimanche toute l'année, par roulement (station-service, dépannage, parking…). Ta convention ne prévoit alors aucune majoration : tu as droit à au moins 24 heures de repos consécutives chaque semaine, et ton salaire mensuel doit tenir compte de ces conditions de travail.
Cas 3 : tu es vendeur de véhicules itinérant. Lors d'une ouverture exceptionnelle autorisée par la préfecture ou la mairie, les 100 % sont remplacés par une indemnité calculée sur la valeur d'une heure de ton salaire mensuel de référence, c'est-à-dire la moyenne de tes 12 derniers mois complets. Un vendeur de véhicules ne peut pas être mis à disposition plus de cinq dimanches par an.
Ce que l'application compte : elle ne peut pas deviner sous quelle autorisation ton garage ouvre, et c'est cette autorisation qui commande le taux : elle ne compte donc pas ces 100 % toute seule. Mais si le dimanche est ton jour de repos, elle compte au moins les 50 % du jour de repos travaillé (partie 6) : vérifie le reste sur ta fiche de paie.
2. Les jours fériés : +100 %, si c'est exceptionnel
Un jour férié travaillé exceptionnellement est majoré de 100 %. Ton jour férié vaut donc le double.
Mais lis bien cette phrase du texte, elle change tout : lorsqu'un, plusieurs ou la totalité des jours fériés autres que le 1er mai sont habituellement travaillés, ce travail n'ouvre droit ni à majoration de salaire, ni à repos compensateur.
Autrement dit : si ton atelier ferme normalement les jours fériés et qu'on te demande de venir un 15 août, tu as le double. Si ton établissement tourne les jours fériés toute l'année, ta branche ne prévoit rien. L'application te pose la question une fois, et applique ensuite le bon régime.
Le 1er mai fait exception : il est payé double dans tous les cas, c'est la loi.
Un jour de repos si tes jours de repos tournent : dans les établissements où le repos est organisé par roulement (tes jours de repos changent d'une semaine à l'autre), un jour férié travaillé ouvre droit à un jour de repos, à prendre dans la semaine ou au plus tard dans les 4 semaines qui suivent, si ton rythme te laisse moins de jours de repos dans l'année qu'aux salariés qui chôment les fériés. C'est du temps, pas de l'argent. Si tu travailles les fériés, l'application te pose deux questions simples et compte ce jour pour chaque férié travaillé autre que le 1er mai, qui est payé double dans tous les cas.
3. La nuit : +50 % si elle est exceptionnelle, une prime et un repos si tu es travailleur de nuit
Ta plage de nuit va de 21 heures à 6 heures, sauf si ton employeur l'a fixée de 22 heures à 7 heures après avoir consulté le personnel : c'est alors cette plage qui compte pour ta majoration, ta prime et ton panier. L'application compte sur 21 h-6 h : si ton garage a choisi l'autre plage, corrige-la dans tes réglages. Ton droit dépend de ce que prévoit ton contrat.
Ton contrat ne prévoit pas de travail de nuit : chaque heure faite exceptionnellement dans la plage est majorée de 50 % de ton salaire horaire brut. Quatre heures de nuit à 16 € de l'heure te donnent 32 € en plus.
Tu es travailleur de nuit, c'est-à-dire que tu fais au moins 3 heures de nuit deux fois par semaine, ou au moins 270 heures de nuit sur 12 mois qui se suivent : tu perçois pour chaque heure de nuit 10 % du minimum mensuel de ton échelon, divisé par 151,66. À l'échelon 1 (1 853 € depuis le 1er mai 2026), cela fait 1,22 € par heure. Ce montant dépend de ta classification, pas de ce que tu gagnes réellement. Tu as droit en plus à un repos de 1,66 % de tes heures de nuit, soit environ 2 h 30 pour 150 heures de nuit.
Dans tous les cas, une indemnité de panier de 6,09 € t'est due dès que tu as travaillé au moins 2 heures dans la plage de nuit.
Ce que fait l'application : elle te demande une fois si la nuit fait partie de ton horaire habituel, et le minimum de ton échelon, écrit sur ta fiche de paie. Elle compte ensuite la majoration ou la prime, le repos et le panier, nuit après nuit.
Un poste de nuit de plus de 8 heures : travailleur de nuit, tu as droit à un repos égal au dépassement, et Pointaloo l'ajoute à ta récupération. Gardien, c'est ton temps de travail qui compte, et 43 heures de présence en valent 35 : une nuit de 12 heures de présence te donne 1 h 46 de repos.
Ta pause de nuit : travailleur de nuit, ton poste de 6 heures ou plus est coupé par une pause d'au moins 30 minutes d'un seul tenant. Si tu dois rester à la disposition des clients pendant ce temps, elle est payée comme du travail : 8 € par nuit à 16 € de l'heure. L'application te demande une fois si tu restes à la disposition des clients, puis recompte ta pause pointée comme du travail, jusqu'à 30 minutes par nuit, les nuits où tu es travailleur de nuit avec un poste de 6 heures ou plus.
4. Heures supplémentaires et contingent
Au-delà de 35 heures par semaine : +25 % pour les huit premières heures, puis +50 % à partir de la 44e heure. Ta branche suit ici le barème légal.
Ton contingent est de 220 heures par an, la valeur du régime standard. Au-delà, chaque heure supplémentaire ouvre droit à une contrepartie obligatoire en repos qui s'ajoute à la majoration : 30 minutes par heure dans les entreprises de 20 salariés au plus, 1 heure par heure au-delà.
Les heures que tu choisis de faire au-delà du contingent, avec un accord écrit de ton employeur, sont majorées de 30 % au lieu de 25 % pour les huit premières de la semaine. L'application ne les distingue pas des autres : vérifie-les sur ta fiche de paie.
5. Le gardien à temps plein : heures supplémentaires après 43 heures
Si tu assures à temps plein la garde et la surveillance de locaux ou d'un parking, l'ouverture des portes et des barrières ou la permanence au téléphone, tu es soumis à une équivalence : tu es payé 35 heures pour 43 heures de présence.
Tes heures supplémentaires commencent donc après 43 heures par semaine : +25 % de la 44e à la 51e heure, puis +50 %. Dans l'application, choisis le métier « gardien à temps plein » en indiquant ta convention.
6. Les travaux urgents : +50 %
Si ton repos hebdomadaire est suspendu pour des travaux urgents, les heures que tu fais ce jour-là sont majorées de 50 %. L'application te demande une fois quel est ton jour de repos, écrit dans ton contrat, et compte ces 50 % chaque fois que tu le travailles. Ton jour de repos ne se travaille que dans les cas que prévoit ta convention (travaux urgents, ou dimanche ouvert sur autorisation, à 100 %) : ces 50 % sont donc un minimum.
7. Ce que ta convention prévoit aussi
L'application ne chiffre pas ces droits-là, mais ils sont écrits dans ta convention :
- Le jour férié chômé ne peut pas réduire ton salaire, même si tu viens d'être embauché : ta convention ne demande pas les 3 mois d'ancienneté de la loi.
- À temps partiel, avenant qui augmente tes heures : ton salaire horaire pendant l'avenant est majoré d'au moins 10 %, et les heures faites au-delà de l'avenant de 25 %.
- Un trajet inhabituel : tu pars plus tôt ou rentres plus tard que d'habitude pour travailler ailleurs que dans ton établissement ? Ce temps en plus te donne un repos de 25 % du dépassement, ou 25 % de ton salaire pour ce temps si vous en êtes d'accord. Pas pour les itinérants ni les forfaits en jours.
- L'astreinte : ton employeur te doit une compensation en argent, même sans intervention. Tes trajets et tes interventions comptent comme du travail.
- L'habillage : une tenue imposée, enfilée sur place, te donne une prime d'habillage ou ce temps compté comme du travail.
- La formation-qualification : ouvrier ou employé avec 6 mois d'ancienneté, après une formation de 18 à 105 heures, une prime de 27,76 € par mois pendant 6 mois (jusqu'à 35 heures de formation) ou de 55,52 € (au-delà), pour un temps plein.
- La prime d'intégration : ancien apprenti ou contrat de professionnalisation diplômé, embauché en CDI dans la même entreprise, une prime de 50 % de ton salaire de base à la fin de ton 12e mois.
- Les forfaits et les vendeurs : au forfait annuel en heures, ta paie vaut au moins ton minimum de grille +10 % jusqu'à 38 h 30 en moyenne, +20 % jusqu'à 42 h, et +25 % au forfait de 218 jours. Vendeur payé par un fixe et des primes, ton fixe vaut au moins la moitié de ton minimum, et ton total au moins ce minimum, vérifié sur 6 mois.
Tu indiques ta convention une seule fois, et tu réponds à trois questions simples : les jours fériés sont-ils habituellement travaillés chez toi, la nuit fait-elle partie de ton horaire, et quel est ton jour de repos ? L'application applique ensuite le bon régime toute seule, et compte les 50 % quand tu travailles ton jour de repos. Elle te dit ce qui reste réellement sur ton compte après cotisations, pas seulement le brut. Si l'écart avec ta fiche de paie est réel, elle rédige la lettre de réclamation à ta place, avec l'article qui la fonde. Si tu signes un avenant de complément d'heures, tu l'indiques une fois (horaire porté à, du, au) : elle compte les 10 % sur les heures ajoutées et la majoration des heures au-delà de l'avenant, sans fausse alerte de dépassement ; la garantie des 10 % sur le reste de ton salaire de base se vérifie sur ta fiche de paie.
Sources et dates : Convention collective nationale des services de l'automobile, articles 1.09 à 1.11, 1.22, 2.05 et 6.04 ; avenant no 110 du 22 janvier 2026 sur les salaires minima, articles 1er et 3, étendu par arrêté du 2 avril 2026. Textes en vigueur et étendus, lus à la source jusqu'au 24 septembre 2026. Un accord d'entreprise peut prévoir davantage, et c'est alors lui qui s'applique.
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