Convention collective · IDCC 16

Transports routiers : ton dimanche travaillé vaut un forfait en euros, pas un pourcentage

Conducteur routier, conducteur de car ou de bus, déménageur, ambulancier, préparateur de commandes ou cariste : vous êtes tous dans la même convention, mais pas sur les mêmes chiffres. Un dimanche travaillé te vaut un forfait de 12,45 € à 48,85 € selon ton secteur, et non un pourcentage de ton salaire. Voici les réponses à tes questions.

1. D'abord, ton secteur : il décide de tous tes montants

La convention des transports routiers couvre cinq secteurs qui n'ont ni les mêmes forfaits, ni les mêmes règles de nuit, ni le même contingent. C'est le premier réflexe à avoir :

Ton secteur se lit sur ton contrat et sur l'activité de ton employeur, pas sur ton métier seul : un cariste employé par un transporteur de marchandises relève du premier, un cariste employé par un prestataire logistique du dernier.

2. Dimanche et jour férié travaillés : un forfait en euros

C'est la particularité de ta branche, et elle surprend : ton dimanche travaillé ne te donne pas un pourcentage de ton salaire, mais un montant fixe par jour travaillé, le même pour tous les salaires du secteur. Le jour férié travaillé suit en principe les mêmes montants, avec une grosse exception pour les ouvriers, juste en dessous.

Ce que ça vaut : un conducteur routier qui travaille deux dimanches par mois touche 57,88 € de plus, soit près de 700 € sur l'année. Pour un conducteur de car, deux dimanches font 97,70 €.

Où le vérifier : c'est une ligne à part sur ta fiche de paie, distincte de tes heures. Si elle n'y figure pas alors que tu as travaillé un dimanche ou un jour férié, elle te manque.

Ouvrier, ton jour férié peut valoir bien plus que le forfait. Avec au moins 6 mois d'ancienneté, si tu as travaillé normalement la veille et le lendemain, 5 jours fériés travaillés te sont payés double, comme un 1er mai. Si ton employeur ne les a pas choisis à l'avance, ce sont le lundi de Pâques, le lundi de Pentecôte, le 14 juillet, la Toussaint et Noël. Mensualisé avec 1 an d'ancienneté, c'est chaque jour férié travaillé qui est payé double (un ouvrier payé au mois est mensualisé, c'est le cas de presque tous). Le forfait ne vaut que pour les autres jours fériés, et jamais pour le 1er mai, déjà payé double par la loi. En transport sanitaire, le texte verse ces indemnités sous forme de forfait : c'est le forfait qui s'applique.

Ce que ça vaut : 7 heures un jour de Noël à 14 €, c'est 98 € en plus de ta paie, contre 28,94 € de forfait. L'application le compte dès que tu lui dis que tu es ouvrier et ta date d'entrée ; sans ces deux réponses, elle compte le forfait. À l'inverse, avec moins de 6 mois d'ancienneté, le texte ne prévoit d'indemnité que pour un férié de moins de 3 heures (sauf en transport de voyageurs, où le forfait est dû quelle que soit la durée) : l'application ne compte alors rien au-delà. Elle vérifie ton ancienneté à la date de chaque jour férié.

Une limite du texte : un même jour ne peut pas être payé deux fois au titre du dimanche et du jour férié. Un jour férié qui tombe un dimanche ne donne donc qu'un seul forfait.

3. La nuit : quatre règles différentes, et il faut la tienne

C'est le point où une erreur de secteur coûte le plus cher, parce que les quatre règles n'ont pas la même nature : deux paient en euros, une laisse le choix entre argent et repos, une ne donne que du repos.

Marchandises et prestations logistiques : 2,486 € par heure, de 21 heures à 6 heures. C'est un montant et non un pourcentage, identique pour tous, parce qu'il est calculé sur le taux conventionnel d'embauche de la branche et non sur ton salaire. Trente heures de nuit dans le mois valent donc 74,58 €, que tu sois payé au minimum ou bien au-dessus.

Voyageurs : 20 % de la durée de tes heures de nuit, en argent ou en repos. Trois précisions, et chacune compte :

Et si tu as le statut de travailleur de nuit, ton employeur doit en plus te donner un repos compensateur prévu par un accord d'entreprise : c'est un droit en plus, à vérifier dans ton entreprise.

Déménagement : le droit existe, mais son chiffre ne peut plus être calculé. Le texte donne 20 % d'un taux conventionnel de référence rattaché à un coefficient qui n'existe plus dans la grille actuelle, et la branche interdit expressément d'établir une correspondance avec la nouvelle classification. Demande à ton employeur sur quelle base il calcule ta prime de nuit, puis saisis le montant dans l'application.

Transport sanitaire : ce n'est pas une majoration, c'est un repos. Si tu as le statut de travailleur de nuit, tes heures entre 22 heures et 5 heures t'ouvrent un repos compensateur de 10 % de leur durée, porté à 15 % si ton contrat prévoit ton affectation exclusive aux services de nuit. Tu es travailleur de nuit si tu fais au moins 3 heures de nuit deux fois par semaine, ou si tu totalises 270 heures d'amplitude nocturne au cours de l'année.

Deux droits s'y ajoutent, souvent ignorés : tu peux demander qu'une partie de ce repos te soit payée, mais jamais au point de le ramener sous 5 % ; et ton employeur doit t'informer chaque mois de tes heures de nuit.

Pointaloo te demande combien d'heures tu t'es fait payer dans l'année, et partage ton repos en conséquence : par exemple, 300 heures de nuit à 10 % donnent 30 heures ; si tu en as fait payer 10, il te reste 20 heures de repos. Au-delà de 15 heures payées, l'application s'arrête : les 5 % restent en repos.

4. Tes heures supplémentaires : 25 % puis 50 %

Au-delà de 35 heures par semaine : +25 % de la 36e à la 43e heure, puis +50 % à partir de la 44e.

Si tu ouvres le texte de ta convention, ne crois pas cette page fausse : sa clause sur les heures supplémentaires a été écrite quand la durée légale était de 39 heures par semaine, et elle majore de 25 % seulement à partir de la 40e. Depuis le passage aux 35 heures, ce sont les taux légaux qui s'appliquent à tes heures au-delà de 35 heures.

Une règle propre aux conducteurs : ton temps de service n'est pas ton temps de conduite. Les temps d'attente, de chargement et de mise à disposition comptent selon les règles de ta branche : il vaut la peine de comparer le relevé de ton chronotachygraphe à ta fiche de paie.

5. Ton contingent : de 130 à 480 heures selon ton secteur

Le contingent est le nombre d'heures supplémentaires que ton employeur peut te demander dans l'année sans formalité particulière. Au-delà, chaque heure ouvre droit à une contrepartie obligatoire en repos, qui s'ajoute à la majoration de salaire. Plus ton contingent est bas, plus tôt ce repos s'ouvre.

Ce qu'il faut en retenir si tu ne pars jamais sur la route : en marchandises, ton contingent est de 130 heures et non de 195, et ton repos en plus s'ouvre donc 65 heures plus tôt. En déménagement, il est de 130 heures, ou de 180 si ton employeur l'a relevé. L'application te demande si tu pars sur la route : si tu réponds non, elle compte 130 heures en marchandises et 180 en déménagement, la valeur sûre tant qu'elle ignore ce que ton employeur a décidé. Sans réponse, elle garde 195 heures, la valeur du conducteur.

À l'inverse, un ambulancier n'atteint son contingent qu'à 480 heures : la contrepartie en repos y est donc rare, et ce sont les majorations et le repos de nuit qui font l'essentiel de son droit.

6. Ce que ta convention prévoit aussi, secteur par secteur

Ces droits sont écrits dans ta convention. Ceux que l'application compte le disent ; vérifie les autres sur ta fiche de paie.

Marchandises, logistique et déménagement :

Voyageurs :

Transport sanitaire :

Comment Pointaloo t'aide

Tu indiques ta convention et ton secteur une seule fois, et l'application applique le forfait de ton secteur à chaque dimanche et à chaque jour férié travaillé, compte tes heures de nuit là où ta branche les chiffre, et suit ton contingent au fil de l'année. Ouvrier, elle paie double tes jours fériés dès que tu lui as dit ton statut et ta date d'entrée ; pour une prime de nuit de déménagement, elle te dit quoi vérifier. Elle te dit ce qui reste sur ton compte après cotisations, pas seulement le brut, et elle sépare ces forfaits de tes heures pour que tu puisses les retrouver ligne par ligne sur ta fiche de paie. Si l'écart avec ta fiche est réel, elle rédige la lettre de réclamation à ta place, avec l'article qui la fonde.

Sources et dates : Convention collective nationale des transports routiers et activités auxiliaires : article 12 des clauses communes, article 4 bis de l'annexe I, articles 7 bis, 7 ter et 7 quater, grilles de salaires et accords de secteur ; accords du 14 novembre 2001, du 18 avril 2002, du 29 avril 2015 et du 16 juin 2016, accords-cadres de 2000. Textes en vigueur et étendus, lus à la source jusqu'au 26 septembre 2026. Un accord d'entreprise peut prévoir davantage.

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