Campings : tes 4 premières heures sup sont majorées de 15 %, et ta nuit se paie en repos
Surveillant ou gardien de nuit, agent d'entretien, technicien, animateur, réceptionniste, employé de bar ou de restauration : ta convention fixe pour tes quatre premières heures supplémentaires un taux inférieur à celui du Code du travail, et elle compense le travail de nuit en temps de repos, pas en argent. Ton contingent, lui, est plus bas que le contingent ordinaire, et c'est à ton avantage. Voici les réponses à tes questions.
1. Tes 4 premières heures supplémentaires : +15 %, et non +25 %
Au-delà de 35 heures par semaine, l'accord de branche prévoit +15 % pour les quatre premières heures supplémentaires, c'est-à-dire de la 36e à la 39e heure. Le Code du travail, lui, prévoit 25 % pour ces mêmes heures.
Ce taux de 15 % est en place depuis le 1er janvier 2005. Il a remplacé un taux transitoire de 10 % appliqué en 2003 et 2004.
Ce que ça change : à 12,50 € de l'heure, quatre heures supplémentaires valent 57,50 € de brut au lieu de 62,50 € sous le régime légal. L'écart est de 5,00 € par semaine, soit environ 85 € sur une saison de dix-sept semaines.
Une réserve à connaître, et elle peut te concerner : si ton entreprise compte plus de 20 salariés et appliquait déjà 25 % à l'ensemble de son personnel au moment où cet accord est entré en vigueur, ce taux de 25 % t'est conservé comme avantage individuel acquis. Regarde le taux réellement pratiqué sur ta fiche de paie avant de conclure.
2. À partir de la 40e heure : le taux légal reprend la main
Tu as donc trois taux dans la même semaine :
- de la 36e à la 39e heure : +15 % ;
- de la 40e à la 43e heure : +25 % ;
- à partir de la 44e heure : +50 %.
Un exemple de semaine d'été : 43 heures à 12,50 € de l'heure, soit huit heures supplémentaires. Les quatre premières valent 57,50 €, les quatre suivantes 62,50 €, soit 120,00 € de brut.
C'est la semaine qui compte, jamais le mois ni la saison. Une semaine à 46 heures en août suivie d'une semaine à 24 heures en septembre ouvre bien des heures supplémentaires sur la première.
Elles peuvent aussi t'être rendues en repos : l'accord permet de remplacer le paiement de ces heures majorées par un repos équivalent majoré, et les parties signataires disent même le privilégier. Le droit à ce repos s'ouvre dès qu'il atteint 7 heures, il se prend par journée ou demi-journée à ta convenance, hors de la période du 1er juin au 30 septembre, et au plus tard dans les 6 mois. Ces heures-là ne comptent pas dans ton contingent.
3. Ta nuit se paie en repos, pas en salaire
C'est le point qui surprend le plus, et il vaut mieux le savoir avant de réclamer quoi que ce soit : dans l'hôtellerie de plein air, le travail de nuit n'ouvre aucune majoration de salaire. Il ouvre un repos compensateur de 4 % de chaque heure de travail effectif de nuit.
Ta plage de nuit dépend de ton métier, et les deux ne se confondent pas :
- 21 heures à 6 heures : surveillant et gardien de nuit, ménage, entretien, technique ;
- 22 heures à 7 heures : animation, restauration, bar, discothèque, accueil et réception.
Mais ce repos est réservé aux travailleurs de nuit, et la convention définit précisément qui l'est. Deux chemins, un seul suffit : faire au moins 3 heures de nuit deux fois par semaine selon ton horaire habituel, ou totaliser 300 heures de nuit sur douze mois consécutifs, ce total étant réduit à proportion si ton contrat est plus court. Une nuit isolée ne suffit donc pas.
Ce que ça représente : un gardien de nuit qui fait 40 heures de nuit dans la semaine acquiert 1 h 36 de repos. Le droit s'ouvre dès 7 heures acquises, soit environ quatre semaines et demie à ce rythme.
Quand le prendre : par journée ou demi-journée, hors de la période du 1er juin au 30 septembre, et au plus tard 6 mois après l'avoir acquis. Autrement dit, pas en pleine saison.
La moitié peut t'être payée, mais seulement d'un commun accord : le texte permet de donner la moitié en repos et la moitié en salaire si employeur et salarié en conviennent. Ce n'est pas automatique, et personne ne peut te l'imposer dans un sens ou dans l'autre : c'est ta fiche de paie qui te dit ce qui a été retenu.
Et ce repos s'ajoute : la convention précise que les contreparties du travail de nuit se cumulent avec les majorations pour heures supplémentaires. Une nuit de juillet en heures supplémentaires te donne donc les deux.
4. Ton contingent : 180 heures, et c'est à ton avantage
Le contingent est le nombre d'heures supplémentaires que ton employeur peut te demander dans l'année sans formalité particulière. Dans l'hôtellerie de plein air, il est de 180 heures, et de 160 heures si ton entreprise pratique la modulation, contre 220 heures dans le régime ordinaire.
Pourquoi c'est une bonne nouvelle : au-delà du contingent, chaque heure supplémentaire ouvre droit à une contrepartie obligatoire en repos, qui s'ajoute à la majoration de salaire. Tu y arrives 40 heures plus tôt dans l'année, et sur une saison d'été chargée, cela va vite.
Un second repos, souvent ignoré : dans les entreprises de plus de 10 salariés, la convention ouvre en plus un repos compensateur de 20 % des heures effectuées au-delà de 42 heures par semaine. Il ne figure pas sur les compteurs de l'application : vérifie-le sur ta fiche de paie ou demande-le à ton employeur.
5. Dimanche et jours fériés : ta branche ne prévoit rien
Le dimanche : ton repos hebdomadaire est d'un jour et demi, et la convention écrit qu'il ne tombe pas forcément le dimanche. Aucune majoration n'est prévue pour un dimanche travaillé, dans aucun article du dossier. C'est donc le régime légal, qui n'en fixe pas non plus.
Les jours fériés : le texte de la branche est muet. Les 545 000 caractères du dossier ont été relus le 7 septembre 2026 en cherchant seize formulations différentes, et aucun article ne majore un jour férié travaillé. C'est le régime légal qui s'applique : seul le 1er mai travaillé est payé double.
En revanche, ton jour de repos travaillé en saison te revient : la convention prévoit qu'il se compense soit en temps, soit en rémunération en fin de saison. Elle ne fixe aucun taux, donc l'application ne le chiffre pas : c'est une ligne à réclamer en fin de contrat si elle manque.
Tu indiques ta convention et ton métier une seule fois, et l'application prend la bonne plage de nuit, compte tes heures semaine par semaine aux trois taux, et suit ton contingent de 180 heures au fil de la saison. Elle te dit ce qui reste sur ton compte après cotisations, pas seulement le brut, ce qui compte quand une saison se joue sur quelques centaines d'euros. Pour le repos de nuit, elle t'affiche ce que tu acquiers : si ton employeur et toi avez convenu d'en payer la moitié, c'est ta fiche de paie qui fait foi. Si l'écart avec ta fiche est réel, elle rédige la lettre de réclamation à ta place.
Sources et dates : Convention collective nationale de l'hôtellerie de plein air, articles 6.2.4 (repos compensateur) et 6.3.1 (repos hebdomadaire) ; accord national du 23 mai 2000, article 4-2 modifié par l'avenant n° 4 du 15 avril 2003 (heures supplémentaires) et article 4.1 (contingent) ; accord du 25 octobre 2002, articles 1, 2 et 4 (travail de nuit). Textes en vigueur et étendus, lus à la source les 7 et 13 septembre 2026. Un accord d'entreprise peut prévoir davantage, et c'est alors lui qui s'applique.
Pour aller plus loin
Ta saison est-elle comptée aux bons taux ?
L'app prend ta plage de nuit, applique les trois taux de ta convention et suit ton contingent. 14 jours gratuits, puis 1,99 €/mois ou 19,90 €/an, sans engagement.
Installer l'app