Hôtels, cafés, restaurants : tes heures sup sont majorées de 10 %, pas de 25 %
Si tu travailles en salle, en cuisine, à la réception ou aux étages, ta convention collective ne suit pas le Code du travail sur les heures supplémentaires : elle est moins favorable sur tes 4 premières heures, et c'est légal. En revanche, un jour férié travaillé te vaut une journée entière de plus, en repos ou en argent, un droit que la loi ne prévoit pas. Voici les réponses à tes questions.
1. Tes heures supplémentaires : 10 %, puis 20 %, puis 50 %
Ce que prévoit ta branche, au-delà de 35 heures par semaine :
- de la 36e à la 39e heure : +10 % ;
- de la 40e à la 43e heure : +20 % ;
- à partir de la 44e heure : +50 %.
Le Code du travail, lui, prévoit 25 % pour les huit premières heures puis 50 %. Ta branche est donc en dessous sur les huit premières heures, et c'est autorisé : un accord de branche peut fixer un taux inférieur, à condition de ne jamais descendre sous 10 %.
Ton employeur ne triche donc pas en t'appliquant 10 %. Ce qui serait une erreur, c'est de te payer ces heures sans aucune majoration, ou de te les faire passer en heures normales.
À temps partiel, tes heures complémentaires sont majorées de 10 %, puis de 25 % au-delà du dixième de ton contrat. Ta convention écrit 5 % pour les premières, mais c'est sous le minimum de la loi : 10 % s'appliquent. L'application compte ces deux taux.
Ce que ça change sur ta feuille de paie
Prenons un exemple concret : 43 heures dans la semaine, à 12,00 € brut de l'heure.
- 4 heures à +10 % : 4 × 12,00 × 1,10 = 52,80 € ;
- 4 heures à +20 % : 4 × 12,00 × 1,20 = 57,60 € ;
- total des 8 heures supplémentaires : 110,40 € brut.
Avec les taux du Code du travail, ces mêmes 8 heures vaudraient 8 × 12,00 × 1,25 = 120,00 €. L'écart est de 9,60 € par semaine, soit environ 500 € sur une année à ce rythme. C'est le prix de ta convention, et presque personne ne le sait dans le secteur.
La méthode, à refaire chez toi : multiplie ton taux horaire brut par 1,10 pour les 4 premières heures au-delà de 35 h, puis par 1,20 pour les 4 suivantes. Ton taux horaire brut se lit sur ta fiche de paie, ou se calcule en divisant ton brut mensuel par ton nombre d'heures mensuelles (151,67 h pour un 35 h).
2. Ton contingent : 360 heures par an, bien plus que la normale
Le contingent est le nombre d'heures supplémentaires que ton employeur peut te demander dans l'année sans formalité particulière. Ta branche le fixe à 360 heures par an dans les établissements permanents, contre 220 heures dans le régime standard du Code du travail.
Dans un établissement saisonnier, il est de 90 heures par trimestre civil.
Ce que ça te donne : au-delà de ce contingent, chaque heure supplémentaire ouvre droit à une contrepartie obligatoire en repos, qui s'ajoute à la majoration de salaire. Elle est de 50 % des heures concernées dans les entreprises jusqu'à 20 salariés, et de 100 % au-delà. Compte tes heures : 360 heures, c'est environ 7 heures supplémentaires par semaine sur toute l'année.
3. Le dimanche : ta convention ne prévoit rien
C'est net, et c'est vérifié : la convention collective des hôtels, cafés et restaurants ne prévoit aucune contrepartie au travail du dimanche. Le Code du travail n'impose lui non plus aucune majoration dominicale générale.
Autrement dit, un dimanche travaillé se paie au tarif normal, sauf si autre chose le prévoit :
- un accord d'entreprise propre à ton établissement ;
- ton contrat de travail ;
- un usage dans l'entreprise, s'il est constant.
Ta convention te garantit en revanche 2 jours de repos par semaine, consécutifs ou non. Et si ces heures du dimanche te font dépasser 35 heures, elles sont bien majorées, mais au titre des heures supplémentaires, pas du dimanche.
4. Les jours fériés : travaillés, ils te valent une journée de plus
C'est l'endroit où ta convention est plus généreuse que la loi, et c'est le droit le moins connu du secteur. Le Code du travail ne garantit qu'un seul jour férié chômé et payé, le 1er mai. Ta branche, elle, prévoit 10 jours fériés par an en plus du 1er mai, à condition d'avoir un an d'ancienneté dans le même établissement ou la même entreprise, 9 mois si tu es saisonnier.
Et si tu travailles ce jour-là, parce que l'établissement reste ouvert ? Le texte est net : tu reçois, en plus de ta rémunération habituelle, soit une journée de compensation en repos, soit une indemnisation équivalente. Autrement dit, une journée entière de plus, en temps ou en argent. Un jour férié travaillé te vaut donc le double.
Le texte ne dit pas qui choisit entre le repos et l'argent. L'application te pose la question plutôt que de trancher à ta place.
La différence entre les 6 « garantis » et les 4 autres ne porte pas sur le jour férié travaillé, qui donne la même contrepartie dans les deux cas. Elle porte sur le jour férié qui tombe pendant ton repos : il est compensé pour les 6 garantis, pas pour les 4 autres.
À vérifier au 31 décembre : ton employeur doit s'assurer que tu as bien eu tes jours garantis à la fin de l'année civile, ou à la fin de la saison. S'il en manque, il doit t'informer par écrit de tes droits restants et convenir avec toi de l'indemnisation ou du repos, dans les 6 mois. Au bout de ces 6 mois, les jours garantis qui te restent doivent t'être payés ; pour un saisonnier, à la fin de son contrat. Beaucoup de salariés ne réclament jamais ces jours.
Deux points que l'application ne calcule pas : le plafond de 10 jours fériés par an (au-delà, l'application compte encore, alors que le texte s'arrête), et le cas de l'apprenti mineur, dont le salaire journalier de base est doublé un jour férié travaillé.
5. Le travail de nuit : pas de majoration, mais du repos
La convention ne prévoit pas de majoration de salaire de nuit. Elle donne en revanche du repos au travailleur de nuit, et c'est elle qui en fixe les règles :
- la nuit va de 22 heures à 7 heures ;
- tu es travailleur de nuit si tu fais au moins 3 heures de nuit deux fois par semaine, ou 280 heures de nuit sur l'année civile, ou, si tu es saisonnier, 70 heures sur un trimestre ;
- ton repos vaut 1 % de tes heures de nuit, et au moins 2 jours par an si tu travailles à temps plein toute l'année.
L'application compte ces heures et ce repos pour toi. Si ton établissement te verse en plus une prime de nuit, elle vient d'un accord d'entreprise ou de ton contrat.
6. Ce que ta convention prévoit aussi
L'application ne chiffre pas ces droits-là, mais ils sont écrits dans ta convention :
- Temps annualisé : tes heures entre la 1 929e et la 1 973e de l'année, soit ta 43e heure en moyenne, sont majorées de 25 %, pas de 20 %. Et si on t'ajoute des heures avec moins de 8 jours de prévenance, sauf accord d'entreprise, tu as droit à un repos de 10 % de ces heures, à prendre dans les 3 mois après la fin de la période : 1 h 48 pour 18 heures.
- Payé au pourcentage service : tu dois recevoir en plus les majorations de tes heures sup.
- À temps partiel : si ton planning change avec moins de 7 jours de prévenance, sauf accord d'entreprise, tu as droit à un repos de 10 % des heures faites par jour de retard.
- Tes repos de la semaine : une demi-journée reportée qui ne t'est pas rendue dans les 6 mois (dans l'année si ton établissement compte 10 salariés au plus, en fin de saison si tu es saisonnier) doit t'être payée. Et si ton repos entre deux journées est ramené de 11 à 10 heures, tu gagnes 20 minutes de repos à chaque fois, payées si tu ne les as pas prises dans le mois.
- Ta tenue : si tu dois la porter et te changer sur place, et que ton entreprise n'a rien prévu en échange, tu as droit à 1 jour de repos par an dès 1 an d'ancienneté, payé si tu ne peux pas le prendre.
- Tuteur accrédité d'un contrat de professionnalisation : une prime de 2 % de ton salaire de base par mois de tutorat, 12 mois au plus, versée en une fois.
- Ta grille démarre sous le SMIC : au niveau I et au niveau II échelon 1, c'est le SMIC qui s'applique. Au-dessus, ton minimum va de 12,55 € de l'heure (niveau II échelon 2) à 28,12 € (niveau V échelon 3).
Tu indiques ta convention une seule fois, et l'application applique ces trois paliers toute seule : elle compte tes heures au fil de la journée, calcule ce que tu dois toucher, et te dit ce qui reste réellement sur ton compte après cotisations, pas seulement le brut. Si l'écart avec ta fiche de paie est réel, elle rédige la lettre de réclamation à ta place, avec les articles qui la fondent.
Sources et dates : convention collective nationale des hôtels, cafés, restaurants, texte en vigueur et étendu, vérifié le 12 août 2026. Jours fériés : avenant no 6 du 15 décembre 2009, article 6, étendu par arrêté du 19 février 2010, relu à la source le 26 septembre 2026. Repos hebdomadaire : article 21. Nuit : article 12. Temps partiel (article 13), annualisation, habillage (article 7), tutorat et grille (avenant no 33) : textes en vigueur et étendus, relus à la source le 26 septembre 2026. Ces règles valent pour la convention de branche étendue : un accord d'entreprise peut prévoir davantage, et c'est alors lui qui s'applique.
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