Pharmacie d'officine : tes gardes ne se paient pas en pourcentage, mais en points
Si tu es préparateur, pharmacien adjoint ou rayonniste, ta convention ne fonctionne pas comme les autres : tes gardes du dimanche et des jours fériés donnent une indemnité fixe par heure et un repos compensateur, et non un pourcentage de ton salaire. Et ta majoration de nuit couvre aussi le matin, jusqu'à 8 heures. Voici les cinq réponses, chacune avec sa source.
1. Tes gardes du dimanche et des jours fériés : une indemnité en points
C'est la particularité de ton métier, et elle surprend : en officine, un dimanche de garde n'est pas payé avec une majoration en pourcentage. Le texte prévoit deux choses, qui se cumulent :
- une indemnité de sujétion égale à une fois et demie la valeur du point conventionnel, par heure de présence ;
- un repos compensateur d'égale durée, c'est-à-dire autant d'heures de repos que d'heures de garde.
Cela vaut pour les gardes à volets ouverts comme à volets fermés, un dimanche ou un jour férié autre que le 1er mai.
Ce que ça vaut, sur un cas réel : avec une valeur du point à 5,215 €, une garde de 8 heures donne 62,58 € d'indemnité (8 × 1,5 × 5,215), plus 8 heures de repos.
Ce qui change tout par rapport à un pourcentage : cette indemnité est la même pour tout le monde, quel que soit ton salaire. Un pharmacien adjoint et un rayonniste touchent le même montant pour la même garde. Et surtout : c'est le repos compensateur qu'on oublie le plus souvent. Il ne se voit pas sur la fiche de paie, il se compte sur les plannings.
La méthode, à refaire chez toi : multiplie la valeur de ton point par 1,5, puis par ton nombre d'heures de garde. La valeur du point figure dans les accords de salaires de ta branche, révisés régulièrement : prends celle de l'année concernée, pas celle d'aujourd'hui.
2. Le 1er mai de garde : un régime à part, plus favorable
Les heures de permanence effectuées le 1er mai donnent droit à trois choses : le salaire correspondant au travail effectué, une indemnité égale à ce salaire (c'est le doublement prévu par la loi), et un repos compensateur de même durée.
Ce jour-là, on ne compte donc pas en points : on compte en salaire doublé.
3. Le travail de nuit : et il commence plus tôt que tu ne crois
Pour les pharmacies qui restent ouvertes au public, le texte majore :
- de 20 % les heures comprises entre 20 h et 22 h ;
- de 40 % les heures comprises entre 22 h et 5 h ;
- de 20 % les heures comprises entre 5 h et 8 h.
C'est cette dernière tranche qu'il faut retenir : si tu ouvres l'officine à 6 heures ou à 7 heures, ces heures sont majorées de 20 %, exactement comme celles du soir. Beaucoup de bulletins n'en tiennent pas compte, parce qu'on associe la nuit au soir et pas au petit matin.
Sur un taux horaire de 15,00 €, une prise de poste à 6 h vaut 3,00 € de plus par heure jusqu'à 8 h, soit 6,00 € par jour, environ 130 € par mois si tu ouvres tous les jours ouvrés.
4. Tes heures supplémentaires : 25 % puis 50 %
Ta convention reprend les taux du Code du travail, au-delà de 35 heures par semaine : +25 % pour les 8 premières heures supplémentaires, puis +50 % au-delà de la huitième.
Le paiement de ces heures et de leurs majorations peut être remplacé, en tout ou partie, par un repos compensateur équivalent. Si c'est le cas chez toi, tu dois recevoir un document annexé à ton bulletin de paie indiquant le nombre d'heures de repos portées à ton crédit.
5. Ton contingent : 150 heures, moins que la normale
Ta branche fixe le contingent annuel à 150 heures, contre 220 heures dans le régime standard du Code du travail. C'est donc plus protecteur : le plafond au-delà duquel des contreparties supplémentaires sont dues arrive plus vite.
Au-delà de ces 150 heures, chaque heure supplémentaire ouvre droit à un repos compensateur obligatoire, en plus de la majoration : 50 % des heures concernées dans les officines de 20 salariés au plus, 100 % au-delà.
Bon à savoir : les heures supplémentaires intégralement compensées en repos, majorations comprises, ne s'imputent pas sur ce contingent.
Et si tu es d'astreinte ?
L'astreinte n'est pas du travail effectif tant que tu n'interviens pas. Pour chaque heure d'astreinte, après déduction du temps passé en intervention, tu perçois une indemnisation forfaitaire de 10 % de ton salaire horaire.
En revanche, le temps passé en intervention, trajet aller-retour compris, est du travail effectif rémunéré à 100 %, et il ouvre droit à un repos compensateur d'égale durée.
Tu indiques ta convention et la valeur de ton point une seule fois, et l'application fait le reste : elle applique l'indemnité de garde par heure, les trois tranches de nuit (y compris celle du matin), et te dit ce qui reste réellement sur ton compte après cotisations. Elle te rappelle aussi le repos compensateur dû, celui qui ne se voit pas sur la fiche de paie. Si l'écart est réel, elle rédige la lettre de réclamation à ta place.
Sources et dates : gardes du dimanche et des jours fériés : accord du 23 mars 2000 relatif à la réduction du temps de travail, article 4 (Légifrance, KALIARTI000043992024), repris mot pour mot par l'avenant du 9 avril 2008 (KALIARTI000019385249), textes en vigueur et étendus, lus le 12 août 2026. Heures supplémentaires, contingent de 150 heures et travail de nuit : avenant du 24 octobre 2019 portant révision de la convention collective (KALIARTI000041752164), article 13. Recoupés avec le Code du travail numérique du ministère du Travail, pages des 4 décembre 2025, 18 juin 2025 et 11 décembre 2023. Code du travail, articles L.3121-28 à L.3121-36 et L.3121-30. Ces règles valent pour la convention de branche étendue : un accord d'entreprise peut prévoir davantage, et c'est alors lui qui s'applique.
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