Experts-comptables : tes 4 premières heures sup sont majorées de 10 %, pas de 25 %
Collaborateur comptable, assistant, réviseur, chef de mission, gestionnaire de paie, juriste ou assistante de cabinet : pour tes quatre premières heures supplémentaires, ta convention fixe un taux inférieur à celui du Code du travail. Et par défaut, elle prévoit que le cabinet te les rende en repos plutôt qu'en argent. Voici les réponses à tes questions.
1. Tes 4 premières heures supplémentaires : +10 %, et non +25 %
Au-delà de 35 heures par semaine, ta convention prévoit une majoration conventionnelle de 10 %. Elle s'applique aux quatre premières heures supplémentaires, c'est-à-dire de la 36e à la 39e heure.
Le Code du travail, lui, prévoit 25 % pour ces mêmes heures. Une branche a le droit de fixer un taux plus bas, à condition de ne pas descendre sous 10 % : celle des cabinets est exactement à ce plancher.
Ce que ça change : à 15,00 € de l'heure, quatre heures supplémentaires valent 66,00 € de brut au lieu de 75,00 € sous le régime légal. L'écart est de 9,00 € par semaine, soit environ 126 € sur une période fiscale de quatorze semaines.
2. À partir de la 40e heure : le taux légal reprend la main
Le même article est clair : les heures qui excèdent 39 heures ouvrent droit à la majoration légale. Tu as donc trois taux dans la même semaine :
- de la 36e à la 39e heure : +10 % ;
- de la 40e à la 43e heure : +25 % ;
- à partir de la 44e heure : +50 %.
Un exemple complet : une semaine de clôture à 42 heures, à 15,00 € de l'heure. Les quatre premières heures supplémentaires valent 66,00 €, les trois suivantes 56,25 €, soit 122,25 € de brut pour sept heures supplémentaires.
C'est la semaine qui compte, jamais le mois. Une semaine à 44 heures suivie d'une semaine à 28 heures ouvre bien des heures supplémentaires sur la première.
3. Ton cabinet peut te rendre ces heures en repos au lieu de te les payer
C'est le point le moins connu, et il décide de ce qui arrive sur ton compte en banque. Lorsque le même horaire collectif hebdomadaire est répété à l'identique, ta convention prévoit que le paiement de ces heures majorées est remplacé par un repos, dit repos de remplacement. Sa durée est égale à celle des heures remplacées, majorée du même taux : quatre heures à +10 % donnent 4 h 24 de repos.
Pour qu'elles te soient payées en argent, il faut un accord collectif dans le cabinet, ou à défaut un accord individuel écrit entre ton employeur et toi. Sans l'un des deux, le repos est la règle.
Trois conditions encadrent ce repos, et elles comptent :
- il se prend par journée entière, jamais par heures détachées ;
- le choix du jour est à ta convenance, ton responsable ne pouvant s'y opposer que dans les formes prévues par la loi ;
- il ne peut être pris que pendant les périodes de faible activité du cabinet, celles où la durée hebdomadaire est au plus de 35 heures. Autrement dit : pas en pleine période fiscale.
Ces heures peuvent aussi être versées sur un compte épargne-temps. Et si ton contrat prend fin avant que tu aies pris le repos, il se transforme en indemnité compensatrice : il ne se perd pas.
4. Ton contingent : 220 heures, mais 90 seulement en cas de modulation
Le contingent est le nombre d'heures supplémentaires que ton cabinet peut te demander dans l'année sans formalité particulière. Ta convention ne fixe pas le sien : elle renvoie à celui du Code du travail, soit 220 heures.
Sauf en modulation : si ton cabinet fait varier l'horaire collectif sur l'année, ce qui est courant pour absorber la période fiscale, le contingent descend à 90 heures. Tu y arrives donc bien plus vite.
Pourquoi c'est à ton avantage : au-delà du contingent, chaque heure supplémentaire ouvre droit à une contrepartie obligatoire en repos, qui s'ajoute à la majoration. Avec 90 heures, elle se déclenche 130 heures plus tôt qu'avec le contingent ordinaire.
À vérifier dans ton cabinet : en modulation, ce sont les heures qui dépassent à la fois 37 heures et l'horaire prévu au calendrier de la semaine qui s'imputent sur ces 90 heures. La réduction du contingent est d'ailleurs présentée par la convention comme une des contreparties de la modulation.
5. Dimanche, jours fériés et nuit : ce que ta convention prévoit
Le dimanche : ta convention organise ton repos hebdomadaire, mais ne fixe aucune majoration pour un dimanche travaillé. Le Code du travail n'en prévoit pas non plus de principe. Si ta fiche de paie en porte une, elle vient d'un accord d'entreprise, de ton contrat ou d'un usage du cabinet.
Les jours fériés : ils sont chômés et payés. Ta convention ne prévoit rien de particulier pour celui qui serait travaillé : c'est alors le régime légal, qui ne majore que le 1er mai, payé double.
La nuit : ta convention ne fixe aucun taux. La loi impose des contreparties au travail de nuit, en repos ou en salaire, mais elle en renvoie le contenu à un accord collectif. Si tu travailles régulièrement le soir en période fiscale, demande l'accord d'entreprise de ton cabinet : c'est là que se trouve ton droit, et nulle part ailleurs.
Tu indiques ta convention une seule fois, et l'application compte tes heures semaine par semaine : 10 % sur les quatre premières, puis 25 % et 50 % aux bons seuils, sans que tu aies à y penser. Elle suit ton contingent au fil de l'année et te prévient quand tu approches du seuil qui ouvre ton repos en plus. Elle te dit surtout ce qui reste sur ton compte après cotisations, pas seulement le brut. Et si ton cabinet te rend ces heures en repos plutôt qu'en argent, c'est ta fiche de paie qui fait foi : tu peux ajuster tes taux, l'application garde alors les tiens. Si l'écart avec ta fiche est réel, elle rédige la lettre de réclamation à ta place.
Sources et dates : Convention collective nationale des cabinets d'experts-comptables et de commissaires aux comptes, articles 8.2.3.2 et 8.2.3.4 (heures supplémentaires, repos de remplacement, contingent), 8.3.3 (repos hebdomadaire) et 8.3.4 (jours fériés), en vigueur et étendus, lus à la source les 30 août et 13 septembre 2026. Un accord d'entreprise peut prévoir davantage, et c'est alors lui qui s'applique.
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