Temps de travail

Journée de solidarité : 7 heures non payées, et pas une de plus

Une fois par an, tu travailles une journée qui ne t'est pas payée. C'est la journée de solidarité, et beaucoup de salariés la subissent sans en connaître les limites, alors qu'elle en a trois, très précises : un plafond d'heures, une réduction pour les temps partiels, et un droit de refus si tu l'as déjà faite cette année.

Ce que c'est, en une phrase

La loi la définit comme « une journée supplémentaire de travail non rémunérée pour les salariés », destinée à financer les actions en faveur de l'autonomie des personnes âgées ou handicapées (article L.3133-7). L'employeur, de son côté, verse une contribution qui alimente ce financement : tu donnes du temps, il donne de l'argent.

Ce n'est pas forcément le lundi de Pentecôte

C'est l'idée reçue la plus tenace. Depuis 2008, la date n'est plus fixée par la loi : elle est déterminée par un accord d'entreprise ou, à défaut, par un accord de branche, qui peut retenir (article L.3133-11) :

S'il n'existe aucun accord, c'est ton employeur qui décide, après consultation du comité social et économique (article L.3133-12). Il ne peut donc pas t'imposer le 1er mai, mais il peut choisir un autre jour que la Pentecôte, ou te retirer un RTT.

Le plafond : 7 heures, et ce qui se passe au-delà

Le texte fixe une limite claire : « Le travail accompli, dans la limite de sept heures, durant la journée de solidarité ne donne pas lieu à rémunération » (article L.3133-8).

Traduit en clair : si tu travailles 9 heures ce jour-là, seules 7 heures sont non payées. Les 2 heures restantes te sont dues normalement, et elles sont majorées si elles te font dépasser 35 heures dans la semaine.

À temps partiel, c'est moins de 7 heures, et voici le calcul

Le même article ajoute : « Pour les salariés à temps partiel, la limite de sept heures […] est réduite proportionnellement à la durée contractuelle. » C'est du jargon, et il coûte cher quand on ne le traduit pas.

La méthode, à refaire chez toi : divise ta durée hebdomadaire de travail par 5. Le résultat est ton plafond, en heures.

Pour convertir la partie décimale en minutes, multiplie-la par 60 : 0,8 h fait 48 minutes, 0,6 h fait 36 minutes. Tout ce qui dépasse ce plafond t'est dû.

Ces heures ne mangent pas ton contingent

Un point technique qui joue en ta faveur. Les heures de la journée de solidarité, dans la limite ci-dessus, « ne s'imputent ni sur le contingent annuel d'heures supplémentaires ni sur le nombre d'heures complémentaires prévu au contrat de travail » et « ne donnent pas lieu à contrepartie obligatoire sous forme de repos » (article L.3133-9).

Autrement dit : cette journée ne réduit pas la marge d'heures supplémentaires dont tu disposes pour le reste de l'année. Elle ne doit pas non plus t'en faire perdre le bénéfice.

Le droit le moins connu : tu peux refuser la deuxième

C'est le point à retenir si tu as changé d'emploi en cours d'année. Si tu as déjà accompli ta journée de solidarité chez un employeur précédent et qu'un nouvel employeur t'en demande une autre la même année, l'article L.3133-10 prévoit deux choses :

Garde donc une trace de ta première journée de solidarité de l'année : un bulletin de paie, un planning, un mail suffisent.

Comment le vérifier sur ta paie

Comment Pointaloo t'aide

Tu indiques une fois comment ton employeur applique la journée de solidarité (jour travaillé, retrait d'un RTT, ou prise en charge par l'entreprise), et l'application fait le reste. Elle calcule ton plafond à partir de ta durée contractuelle, met ces heures à zéro euro sans qu'elles consomment ton contingent, et te paie normalement tout ce qui dépasse. Si le jour retenu est férié, elle te demande si ta majoration a bien été versée.

Sources : Code du travail, articles L.3133-7 à L.3133-12, lus sur Légifrance et en vigueur au 11 août 2026. Ce guide est informatif ; ta convention collective ou ton accord d'entreprise peuvent prévoir des règles plus favorables, et ce sont eux qui font foi pour toi.

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