Commerces de gros : ton dimanche, c'est double et une journée de repos
Dans ta branche, tout dépend d'une question : est-ce que tu travailles habituellement le dimanche et les jours fériés ? Si oui, tu as 10 % de plus. Si c'est exceptionnel, ton dimanche est payé double et te donne en plus une journée entière de repos. Le jour férié, lui, est payé double ou rendu en congé. La nuit va de 21 h à 6 h. Voici les réponses à tes questions.
1. Le dimanche : payé double, et une journée de repos en plus
Tout tient à la différence entre habituel et exceptionnel :
- tu travailles habituellement le dimanche : 10 % de ton taux horaire en plus, 15 % dans un point de vente au détail de surgelés et de glaces ouvert le dimanche matin (l'application le compte si tu choisis ce métier) ; si ce point de vente ouvre exceptionnellement un dimanche après-midi avec l'accord de la mairie (avant Noël, pendant les soldes), ce dimanche est payé double toute la journée et te donne une journée de repos (jamais moins d'heures que tu en as travaillé), même si tu y travailles habituellement : l'application te le demande ;
- c'est exceptionnel : tes heures sont majorées de 100 %, donc payées double, et cette majoration s'ajoute à celle des heures supplémentaires si elles en sont.
Et ce n'est pas fini : un dimanche exceptionnel te donne en plus une journée entière de repos, de la même durée, donnée si possible dans les quinze jours qui suivent. L'argent et le repos, pas l'un ou l'autre. Le texte vise le travail exceptionnel du dimanche « dans la limite de 3 par an ».
Ce que ça vaut : 7 heures un dimanche exceptionnel à 13,00 € de l'heure, c'est 7 × 13,00 = 91,00 € de majoration, plus une journée de repos. Le même dimanche, habituel, vaut 7 × 13,00 × 0,10 = 9,10 €.
La journée de repos ne figure sur aucune ligne de ta fiche de paie. Si ton employeur ne te l'a pas proposée, demande-la-lui.
2. Le jour férié : payé double ou rendu en congé
Les jours fériés sont chômés et payés à tout le personnel, sans condition d'ancienneté. Le texte de 1984 exige encore d'avoir été présent la veille et le lendemain, mais la loi a supprimé cette condition : elle ne peut plus t'être opposée, et l'État l'a d'ailleurs exclue de l'article voisin de ta convention en 2019.
Quand tu dois travailler exceptionnellement un jour férié, tu reçois soit une rémunération en plus égale à 100 % de ton salaire, soit un jour de congé payé en compensation. Ici, c'est l'un ou l'autre, contrairement au dimanche. Le texte ne dit pas qui choisit : ta fiche de paie te dira ce qui a été retenu.
Si tu travailles habituellement les jours fériés, c'est 10 % de ton taux horaire, sans congé. Une exception, dans le commerce de gros des fleurs et des plantes : le 8 mai, l'Ascension, le 14 juillet, le 15 août et le 11 novembre travaillés sont payés double ou rendus en un jour de congé, même si tu travailles habituellement ces jours-là. 7 heures à 13,00 € : 91,00 € de plus au lieu de 9,10 €. L'application le compte si tu choisis le métier « fleurs et plantes » : elle te demande si ce jour t'a été payé ou rendu en congé, et compte l'un ou l'autre, jamais les deux.
Ce que ça vaut : 7 heures un jour férié exceptionnel à 13,00 €, c'est 91,00 € de plus, ou une journée de congé payé.
3. La nuit : de 21 h à 6 h, 10 % ou 25 %, et un casse-croûte
Chaque heure faite entre 21 heures et 6 heures te donne une prime, calculée sur ton taux horaire réel :
- 10 % si tu travailles habituellement de nuit ou en équipe ;
- 25 % si c'est exceptionnel.
Si tu travaillais déjà avant fin 2017 dans le commerce de gros de la confiserie, chocolaterie, biscuiterie ou de l'épicerie fine, dans leur centrale d'achats ou chez un négociant en levure : ta nuit habituelle vaut 15 % de 21 h à 5 h, au lieu de 10 % de 21 h à 6 h. C'est l'un des avantages gardés quand leur convention collective a été fusionnée avec celle des commerces de gros. Les gardiens et les veilleurs de nuit n'y ont pas droit. Par exemple, 8 heures habituelles de 22 h à 6 h à 13,00 € : 7 × 13,00 × 0,15 = 13,65 €, au lieu de 8 × 13,00 × 0,10 = 10,40 €. L'application te pose la question une fois et compte le bon taux.
En plus : dès 4 heures de travail dans cette plage, tu as droit à une indemnité de casse-croûte d'une fois et demie le minimum garanti, soit environ 6,53 € par nuit depuis le 1er juin 2026. L'application le compte pour chaque nuit.
Ce que ça vaut : 5 heures exceptionnelles de 21 h à 2 h à 13,00 €, c'est 5 × 13,00 × 0,25 = 16,25 € de prime, plus 6,53 € de casse-croûte.
Tu es travailleur de nuit si tu fais au moins 3 heures dans cette plage au moins deux fois par semaine, ou au moins 270 heures sur 12 mois. Tu as alors droit à des jours de repos :
- 1 journée à partir de 270 heures de nuit ;
- 2 journées à partir de 540 heures ;
- 3 journées à partir de 940 heures ;
- 4 journées à partir de 1 180 heures.
4. Le contingent : 180 heures dans l'alimentaire
Le contingent, c'est le nombre d'heures supplémentaires dans l'année au-delà duquel tu as droit à du repos en plus. Il n'est pas le même partout :
- secteur alimentaire : 180 heures, avec un dépassement possible de 10 %, soit 198 heures, pour des événements imprévisibles ;
- secteur non alimentaire : le contingent de la loi, 220 heures ;
- salarié venu du commerce de gros de la confiserie, chocolaterie, biscuiterie et de l'alimentation fine, de leurs centrales d'achats ou d'un négociant en levure, dont le contrat était en cours lors de la fusion des deux conventions : 170 heures.
Au-delà, chaque heure supplémentaire te donne en plus un repos : 50 % de sa durée dans une entreprise de 20 salariés au plus, 100 % au-delà. Pointaloo te demande ton secteur et compte le bon contingent : dans l'alimentaire, ton repos commence dès la 181e heure, et dès la 171e si tu viens de la confiserie : l'application te pose la question.
5. Tes heures sup : la règle de la loi
Ta convention ne fixe pas de taux propre, c'est donc la loi qui s'applique : 25 % de la 36e à la 43e heure de la semaine, puis 50 % à partir de la 44e.
Ce que ça vaut : une semaine de 46 heures à 13,00 €, c'est 8 heures à 25 % (8 × 13,00 × 0,25 = 26,00 €) et 3 heures à 50 % (3 × 13,00 × 0,50 = 19,50 €), soit 45,50 € de majorations.
Ton employeur peut remplacer le paiement de ces heures et de leur majoration par un repos équivalent : 1 h 15 de repos pour une heure majorée de 25 %, pris par journée entière ou par demi-journée. L'application te demande ce que ton employeur a choisi, et compte l'argent ou le repos.
Une vérification avant tout : un grossiste dont l'activité est surtout alimentaire peut relever d'une autre convention, celle du commerce à prédominance alimentaire. Le bon numéro est écrit sur ta fiche de paie.
6. Ce que ta convention prévoit aussi
L'application ne chiffre pas ces droits-là, mais ils sont écrits dans ta convention :
- Le froid : si tu travailles surtout en température négative, ta paie du mois doit dépasser ton minimum de grille d'au moins 73,59 €.
- Une prime de CQP : tu obtiens un CQP de la branche et tu occupes l'emploi visé ? Une prime unique de 20 % du minimum mensuel du poste, 25 % pour le CQP de commercial itinérant : 409,40 € pour un poste à 2 047,02 €.
- Le repos de la semaine : 48 heures d'affilée dimanche compris dans le non alimentaire ; 36 heures dimanche compris dans l'alimentaire, plus une demi-journée par semaine ou une journée toutes les 2 semaines.
À temps partiel, ta journée coupée, l'application la compte aussi. Ta journée n'a qu'une seule coupure, de 4 heures au plus. Un mois où elle dépasse 2 heures te donne 5 % de plus sur le salaire minimum de ta catégorie, au prorata de tes heures : indique ton minimum de grille dans les réglages de ton employeur, l'application lit tes coupures dans tes pointages. Ce même 5 % est dû si tu travailles le matin et le soir avec 3 heures d'affilée garanties : ce cas-là, l'application ne le repère pas seule.
Ton minimum qui grandit avec ton ancienneté, l'application le garantit aussi. Dans le secteur non alimentaire, ton salaire de l'année, hors heures sup, majorations et 13e mois, doit atteindre 12 fois ton minimum de grille augmenté de 5 % après 4 ans, 9 % après 8 ans, 13 % après 12 ans et 17 % après 16 ans dans l'entreprise, tes contrats d'avant chez le même employeur compris. Au niveau II échelon 1 avec 8 ans, c'est au moins 24 500,54 € sur l'année. Dans le secteur alimentaire, dès 1 an dans l'entreprise, tes salaires de l'année, 13e mois compris, doivent atteindre 12 fois ton minimum de grille plus 2 %, vérifiés au 31 décembre : au niveau I échelon 1, c'est au moins 22 519,27 €. Indique ton minimum de grille et ta date d'entrée dans les réglages de ton employeur : quand ta paie de base est sous ce plancher, l'application compte la différence mois par mois, dans tes primes.
Le repos entre deux journées, lui, l'application le compte. Il est de 11 heures d'affilée. En cas de surcroît d'activité, ton employeur peut le réduire jusqu'à 9 heures, 10 fois par an au plus, et chaque heure manquante t'est rendue en repos. Pointaloo le lit dans tes pointages et l'ajoute à ta récupération, à chaque fois : 9 heures de repos, c'est 2 heures rendues.
Tu indiques ta convention une seule fois, et l'application te demande si ton dimanche, tes jours fériés et ta nuit sont habituels ou exceptionnels, puis applique le bon taux : 100 % ou 10 % le dimanche et le jour férié (toujours 100 % ou un jour de congé pour les 5 fériés d'usage des fleurs), 25 %, 10 % ou 15 % la nuit. Elle compte ta journée de repos du dimanche et te la rappelle tant qu'elle n'est pas prise, suit tes jours de repos de travailleur de nuit, compte ton casse-croûte, et te dit ce qui reste réellement après cotisations. Si l'écart avec ta fiche de paie est réel, elle rédige la lettre de réclamation à ta place.
Sources et dates : Convention collective nationale des commerces de gros, articles 44, 45 et 46 ; accord de fusion du 30 octobre 2017, article 3, qui maintient les articles 25.7 et 28 de la confiserie ; accord du 30 septembre 2002 sur le travail de nuit, articles 2 et 3 ; avenants surgelés, articles 5 et 7, et fleurs. Textes en vigueur et étendus, lus à la source jusqu'au 31 octobre 2026. Minimum garanti : arrêté du 22 mai 2026. Un accord d'entreprise peut prévoir davantage.
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