Commerces de gros : ton dimanche, c'est double et une journée de repos
Dans ta branche, tout dépend d'une question : est-ce que ton entreprise travaille habituellement le dimanche et les jours fériés ? Si oui, tu as 10 % de plus. Si c'est exceptionnel, ton dimanche est payé double et te donne en plus une journée entière de repos. Le jour férié, lui, est payé double ou rendu en congé. La nuit va de 21 h à 6 h. Voici les réponses à tes questions.
1. Le dimanche : payé double, et une journée de repos en plus
Tout tient à la différence entre habituel et exceptionnel :
- tu travailles habituellement le dimanche : 10 % de ton taux horaire en plus, et c'est tout ;
- c'est exceptionnel : tes heures sont majorées de 100 %, donc payées double, et cette majoration s'ajoute à celle des heures supplémentaires si elles en sont.
Et ce n'est pas fini : un dimanche exceptionnel te donne en plus une journée entière de repos, de la même durée, donnée si possible dans les quinze jours qui suivent. L'argent et le repos, pas l'un ou l'autre. Le texte vise le travail exceptionnel du dimanche « dans la limite de 3 par an ».
Ce que ça vaut : 7 heures un dimanche exceptionnel à 13,00 € de l'heure, c'est 7 × 13,00 = 91,00 € de majoration, plus une journée de repos. Le même dimanche, habituel, vaut 7 × 13,00 × 0,10 = 9,10 €.
La journée de repos ne figure sur aucune ligne de ta fiche de paie. Si ton employeur ne te l'a pas proposée, demande-la-lui.
2. Le jour férié : payé double ou rendu en congé
Les jours fériés sont chômés et payés, à condition d'avoir été présent le dernier jour de travail avant et le premier jour après, sauf absence autorisée à l'avance.
Quand tu dois travailler exceptionnellement un jour férié, tu reçois soit une rémunération en plus égale à 100 % de ton salaire, soit un jour de congé payé en compensation. Ici, c'est l'un ou l'autre, contrairement au dimanche. Le texte ne dit pas qui choisit : ta fiche de paie te dira ce qui a été retenu.
Si tu travailles habituellement les jours fériés, c'est 10 % de ton taux horaire, sans congé.
Ce que ça vaut : 7 heures un jour férié exceptionnel à 13,00 €, c'est 91,00 € de plus, ou une journée de congé payé.
3. La nuit : de 21 h à 6 h, 10 % ou 25 %, et un casse-croûte
Chaque heure faite entre 21 heures et 6 heures te donne une prime, calculée sur ton taux horaire réel :
- 10 % si tu travailles habituellement de nuit ou en équipe ;
- 25 % si c'est exceptionnel.
En plus : dès 4 heures de travail dans cette plage, tu as droit à une indemnité de casse-croûte d'une fois et demie le minimum garanti, soit environ 6,53 € par nuit depuis le 1er juin 2026.
Ce que ça vaut : 5 heures exceptionnelles de 21 h à 2 h à 13,00 €, c'est 5 × 13,00 × 0,25 = 16,25 € de prime, plus 6,53 € de casse-croûte.
Tu es travailleur de nuit si tu fais au moins 3 heures dans cette plage au moins deux fois par semaine, ou au moins 270 heures sur 12 mois. Tu as alors droit à des jours de repos :
- 1 journée à partir de 270 heures de nuit ;
- 2 journées à partir de 540 heures ;
- 3 journées à partir de 940 heures ;
- 4 journées à partir de 1 180 heures.
4. Le contingent : 180 heures dans l'alimentaire
Le contingent, c'est le nombre d'heures supplémentaires dans l'année au-delà duquel tu as droit à du repos en plus. Il n'est pas le même partout :
- secteur alimentaire : 180 heures, avec un dépassement possible de 10 %, soit 198 heures, pour des événements imprévisibles ;
- secteur non alimentaire : le contingent de la loi, 220 heures.
Au-delà, chaque heure supplémentaire te donne en plus un repos : 50 % de sa durée dans une entreprise de 20 salariés au plus, 100 % au-delà. Pointaloo compte 220 heures pour tout le monde : si tu es dans l'alimentaire, ton repos commence dès la 181e heure, garde-le en tête.
5. Tes heures sup : la règle de la loi
Ta convention ne fixe pas de taux propre, c'est donc la loi qui s'applique : 25 % de la 36e à la 43e heure de la semaine, puis 50 % à partir de la 44e.
Ce que ça vaut : une semaine de 46 heures à 13,00 €, c'est 8 heures à 25 % (8 × 13,00 × 0,25 = 26,00 €) et 3 heures à 50 % (3 × 13,00 × 0,50 = 19,50 €), soit 45,50 € de majorations.
Ton employeur peut remplacer le paiement de ces heures et de leur majoration par un repos équivalent : 1 h 15 de repos pour une heure majorée de 25 %, pris par journée entière ou par demi-journée.
Une vérification avant tout : un grossiste dont l'activité est surtout alimentaire peut relever d'une autre convention, celle du commerce à prédominance alimentaire. Le bon numéro est écrit sur ta fiche de paie.
Tu indiques ta convention une seule fois, et l'application te demande si ton dimanche et ta nuit sont habituels ou exceptionnels, puis applique le bon taux : 100 % ou 10 % le dimanche, 25 % ou 10 % la nuit. Elle compte ta journée de repos du dimanche et te la rappelle tant qu'elle n'est pas prise, suit tes jours de repos de travailleur de nuit, et te dit ce qui reste réellement après cotisations. Si l'écart avec ta fiche de paie est réel, elle rédige la lettre de réclamation à ta place.
Sources et dates : Convention collective nationale des commerces de gros, articles 44 (durée du travail, contingent), 45 (jours fériés) et 46 (dimanche) ; accord du 30 septembre 2002 sur le travail de nuit, articles 2 et 3. Textes en vigueur et étendus, lus à la source le 23 septembre 2026. Heures supplémentaires et repos au-delà du contingent : Code du travail. Minimum garanti : arrêté du 22 mai 2026. Un accord d'entreprise peut prévoir davantage, et c'est alors lui qui s'applique.
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