Grande distribution : ton dimanche dépend de la surface du magasin
Dans ta branche, il n'existe pas un taux du dimanche mais plusieurs, et celui qui te concerne dépend de trois choses : le type de dérogation qui autorise l'ouverture, la surface de vente du magasin, et parfois même l'heure à laquelle tu travailles. Un dimanche exceptionnel vaut 100 %, un dimanche habituel 20 % ou 30 %, chacun sous une condition. Bonne nouvelle en revanche : ta nuit et tes heures supplémentaires se cumulent, et la convention le dit elle-même. Voici les réponses à tes questions.
1. Ton dimanche : commence par savoir sur quelle dérogation il repose
Un magasin n'ouvre le dimanche que s'il y est autorisé, et le type d'autorisation détermine ton taux. Ta convention ne laisse pas ce point à l'appréciation, elle le définit :
- Dérogation temporaire, c'est-à-dire une dérogation du préfet ou un dimanche du maire : le travail est occasionnel ou exceptionnel. Il repose sur le volontariat, et il est majoré de 100 %.
- Dérogation de plein droit, celle dont bénéficient en permanence les commerces alimentaires : le travail est régulier ou habituel, et les taux sont plus bas.
Ce que ça vaut : 6 heures un dimanche à 12,20 €. En exceptionnel, la majoration est de 6 × 12,20 × 1,00 = 73,20 €. En habituel dans un petit magasin, elle est de 6 × 12,20 × 0,20 = 14,64 €.
Le repos aussi change : pour un dimanche exceptionnel, il y a décalage et non suppression du jour de repos hebdomadaire, qui doit t'être accordé dans la quinzaine qui précède ou qui suit.
Ton repos est un autre jour que le dimanche ? La même règle vaut pour lui : chaque heure travaillée occasionnellement ton jour de repos hebdomadaire est majorée de 100 %, et ce repos est décalé dans la quinzaine. L'application te demande quel est ton jour de repos et compte ces 100 % quand tu le travailles ; si ton repos est le dimanche, c'est la règle du dimanche qui s'applique.
2. Le dimanche habituel : 20 % ou 30 %, et deux conditions à connaître
Si ton dimanche est habituel, deux cas, et chacun a une condition que peu de gens connaissent :
- Commerce de détail jusqu'à 400 m² de surface de vente : majoration de 20 %, à condition que tu ne bénéficies pas d'un jour et demi de repos consécutifs dans la semaine. Le texte précise que le repos du dimanche après-midi suivi du lundi est considéré comme consécutif.
- Commerce de plus de 400 m² : majoration d'au moins 30 %, sans condition de repos, mais seulement pour les heures accomplies jusqu'à 13 heures.
La précision qui coûte cher : dans un grand magasin, une journée du dimanche de 9 h à 17 h ne donne la majoration de 30 % que sur les 4 heures du matin. Vérifie l'amplitude retenue sur ton bulletin, pas seulement le taux.
Ces majorations restent dues même si ton temps de travail est organisé sur l'année ou en modulation : la convention l'écrit expressément.
3. La nuit : deux plages, et elle s'ajoute aux heures supplémentaires
Ta branche découpe la nuit en deux tranches :
- de 21 heures à 22 heures : +5 % ;
- de 22 heures à 5 heures : +20 %.
Deux précisions qui comptent, et qui sont écrites dans le même article :
- ces majorations s'appliquent que tu sois travailleur de nuit ou non. Tu n'as pas besoin d'un statut particulier : une seule soirée tardive dans le mois est majorée ;
- les majorations pour heures supplémentaires restent dues, calculées sur ton taux de base avant majoration de nuit. Autrement dit, les deux se cumulent, et il n'y a pas de discussion à avoir : c'est le texte qui le dit.
Ce que ça vaut : une mise en rayon de 21 h à minuit à 12,20 € : 1 heure à +5 % (0,61 €) et 2 heures à +20 % (4,88 €), soit 5,49 € de majoration de nuit, auxquels s'ajoutent tes majorations d'heures supplémentaires si tu dépasses 35 heures dans la semaine.
4. Les jours fériés : le paiement ou le repos, à ton choix
Un jour férié travaillé te donne, au choix du salarié :
- soit un repos payé d'une durée égale au nombre d'heures travaillées ce jour-là, à prendre dans les 15 jours qui précèdent ou qui suivent ;
- soit le paiement de ces heures en plus de ta rémunération mensuelle, ce qui revient à une majoration de 100 %.
Ce n'est pas cumulable : c'est l'un ou l'autre, et le choix t'appartient. Si on te dit le contraire dans un sens comme dans l'autre, le texte tranche.
Le 1er mai reste à part : s'il est travaillé, la loi le paie double.
Deux cas particuliers : la journée de solidarité est exclue de ce dispositif ; et si ton jour de repos habituel coïncide avec un jour férié fixe chômé collectivement dans le magasin, c'est-à-dire le lundi de Pâques, le lundi de Pentecôte ou le jeudi de l'Ascension, tu bénéficies d'une journée ou demi-journée de repos décalée.
5. Travailleur de nuit : un ou deux jours de repos payés par an
Tu es travailleur de nuit si, entre 21 heures et 6 heures, tu fais au moins 3 heures deux fois par semaine selon ton horaire habituel, ou au moins 300 heures sur l'année. En plus de tes majorations, ta convention te donne un repos compensateur payé :
- de 300 à 900 heures de nuit dans l'année : 1 jour ouvré ;
- à partir de 900 heures : 2 jours ouvrés ;
- sous 300 heures, si tu fais 3 heures de nuit deux fois par semaine : 1 jour proratisé.
Ces jours se prennent par journée ou demi-journée l'année suivante, et leur date se fixe comme celle des congés payés.
Une astreinte la nuit ? L'intervention de nuit est majorée comme la nuit, en plus des heures supplémentaires éventuelles, et elle te donne un repos égal à sa durée. Si elle dépasse 3 heures sur cette plage, ce repos se prend avant de reprendre le travail.
6. Tes heures supplémentaires et ton contingent de 180 heures
Les heures supplémentaires suivent le barème légal : +25 % dès la 36e heure, puis +50 % au-delà de la 43e heure hebdomadaire.
Ton contingent annuel est de 180 heures, contre 220 heures dans le régime standard. La convention ajoute deux paliers d'information : le recours aux 130 premières heures fait l'objet d'une information du comité social et économique, et les 50 suivantes d'une consultation préalable.
Au-delà de 180 heures, chaque heure supplémentaire ouvre droit à une contrepartie obligatoire en repos qui s'ajoute à la majoration. Les heures supplémentaires entièrement compensées en repos, majoration comprise, ne comptent pas dans ce contingent.
7. Ta prime annuelle et ta pause payée
La prime annuelle : dès 1 an d'ancienneté au moment du versement, elle vaut 100 % de ton salaire mensuel de base de novembre, heures supplémentaires exceptionnelles exclues. Elle ne s'ajoute pas à un 13e mois ou à une prime de fin d'année que ton entreprise verse déjà : celle-ci doit seulement l'atteindre.
La pause payée : ta convention t'accorde une pause payée égale à 5 % de ton temps de travail effectif, soit 3 minutes par heure. Sur un mois de 151,67 heures, cela fait 7,58 heures payées en plus, sur une ligne à part de ta fiche de paie. Si cette ligne manque, demande pourquoi.
Et si tu préfères du temps : sans accord d'entreprise, tu peux choisir de prendre tes majorations de nuit, de dimanche ou de ton jour de repos travaillé (hors heures supplémentaires) en repos plutôt qu'en argent, par journées entières, aux dates fixées avec ton responsable. Une majoration de 100 % d'une heure vaut 1 heure de repos, de 30 % 18 minutes : une nuit de 21 h à 5 h (1 heure à 5 %, 7 heures à 20 %) vaut 1 h 27 de repos. L'un ou l'autre, jamais les deux.
Tu indiques ta convention une seule fois, et l'application applique tes deux plages de nuit, 5 % puis 20 %, tes heures supplémentaires et ton contingent de 180 heures. Pour un jour férié travaillé, elle te demande si tu prends le repos ou l'argent, et compte l'un ou l'autre, jamais les deux. Même choix pour tes majorations de nuit, de dimanche et de ton jour de repos travaillé : elle te le demande pour chacune et, si tu prends le repos, elle le compte à la place de l'argent. Si ton jour de repos n'est pas le dimanche, elle compte les 100 % quand tu le travailles, et le repos décalé quand un lundi de Pâques, un lundi de Pentecôte ou un jeudi de l'Ascension tombe dessus. Travailleur de nuit, elle suit tes heures de nuit et t'annonce ton jour de repos dès 300 heures. Le dimanche dépend de ton magasin : l'app te laisse saisir le taux qui te concerne, puis l'applique tous les dimanches suivants sans que tu y penses. Elle te dit ce qui reste réellement après cotisations, et si l'écart avec ta fiche de paie est réel, elle rédige la lettre de réclamation à ta place.
Sources et dates : Convention collective nationale du commerce de détail et de gros à prédominance alimentaire, articles 3.6 (prime annuelle), 5.2.1 (pause), 5.8 (heures supplémentaires et contingent), 5.9 (astreinte), 5.10 (majorations en repos), 5.11 (nuit), 5.13 (dimanche) et 5.14 (jours fériés), dans leur rédaction issue de l'avenant no 71 du 15 janvier 2019, textes en vigueur et étendus, lus à la source les 15 août, 26, 28 et 29 septembre 2026. Ces règles valent pour la convention de branche étendue : un accord d'entreprise peut prévoir davantage, et c'est alors lui qui s'applique.
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