Bricolage : ton dimanche est payé double, et tu peux dire non
Si tu travailles en magasin de bricolage, ta convention est l'une des plus généreuses sur le dimanche : la rémunération est au minimum doublée, le travail dominical repose sur le volontariat, et tu as droit à 12 dimanches non travaillés garantis par an, plus des jours de repos supplémentaires. Attention en revanche à un point : dimanche et jour férié ne se cumulent pas. Voici les réponses à tes questions.
1. Le dimanche : rémunération au minimum doublée
C'est net : la rémunération est au minimum doublée pour les heures travaillées le dimanche, soit une majoration de 100 %.
Si tu es en forfait jours, la règle change de forme : la majoration est d'au moins un vingt-deuxième de ta rémunération mensuelle pour une journée entière de travail, en plus de ta journée elle-même. Exemple : à 3 000 € par mois, au moins 136,36 € de plus par dimanche.
Ce que ça vaut : une journée de 7 heures un dimanche à 12,00 € de l'heure donne 84,00 € de salaire normal, plus 84,00 € de majoration. Sur 20 dimanches dans l'année, cela représente 1 680 €.
2. C'est du volontariat, et tu gardes la main
Ta branche est claire : le travail du dimanche ne peut se faire que sur la base du volontariat, en adéquation avec les besoins du magasin. Et même volontaire, tu conserves trois garanties :
- un minimum de 12 dimanches non travaillés par année civile entière, congés payés compris ;
- la possibilité de te déclarer indisponible pour un dimanche donné, en prévenant ton responsable au moins un mois à l'avance ;
- deux jours de repos hebdomadaire, pris par journée ou demi-journée, dont obligatoirement une journée complète.
3. Le crédit-temps : des jours de repos en plus, par paliers
En plus du paiement doublé, travailler des dimanches t'ouvre des jours de repos supplémentaires, selon un barème par paliers sur l'année civile :
- de 1 à 15 dimanches travaillés : une demi-journée de repos ;
- de 16 à 25 dimanches : un jour ;
- au-delà de 25 dimanches : un jour et demi.
À vérifier en fin d'année : compte tes dimanches travaillés, et regarde si ce repos t'a bien été accordé. C'est un droit qui ne se voit pas sur la fiche de paie, il se compte sur les plannings.
4. Les jours fériés : +100 %, mais pas de cumul avec le dimanche
En cas de travail un jour férié légal, tu as droit à une majoration de 100 % des heures travaillées.
Le piège à connaître : cette majoration ne se cumule pas avec celle due pour le travail du dimanche. Si un jour férié tombe un dimanche, tu ne touches qu'une seule majoration, pas deux. C'est écrit dans l'accord sur le travail du dimanche, qui l'interdit expressément.
Deux droits en plus, que peu de salariés réclament :
- en plus du 1er mai, obligatoirement chômé et payé, ton employeur doit t'accorder 4 jours fériés chômés et payés, sans aucune condition d'ancienneté ;
- si ton jour de repos habituel tombe sur un jour férié fixe chômé dans le magasin (lundi de Pâques, lundi de Pentecôte), tu bénéficies d'une journée ou demi-journée de repos décalée, fixée avec ton responsable.
5. La nuit : +25 %, et +100 % si tu travailles de jour
La nuit va de 22 heures à 6 heures. Ta convention distingue deux cas :
- tu as été embauché pour des tâches de nuit, même occasionnellement (un inventaire, des travaux) : +25 % ;
- tu travailles habituellement de jour et on t'appelle la nuit par suite de circonstances exceptionnelles : +100 %, majoration d'heures supplémentaires comprise.
Exemple : 7 heures de nuit à 12 €, c'est 21 € de majoration dans le premier cas, 84 € dans le second. L'application te pose la question une fois et compte le taux de ta réponse.
Une limite à connaître : dans le second cas, les 100 % incluent la majoration d'heures supplémentaires. Si ces heures de nuit sont aussi des heures sup, ta convention ne te doit pas les deux. L'application, elle, ajoute encore la majoration d'heures sup : sur ces heures-là, retiens seulement les 100 %.
6. Tes heures supplémentaires et ton contingent de 220 heures
Les heures supplémentaires suivent les taux du Code du travail : +25 % au-delà de 35 heures, puis +50 % au-delà de 43 heures par semaine.
Ton contingent annuel est de 220 heures. Au-delà, chaque heure supplémentaire ouvre droit à une contrepartie obligatoire en repos qui s'ajoute à la majoration, soit 30 minutes par heure dans les entreprises de 20 salariés au plus, et 1 heure par heure au-delà.
Ta branche avait ajouté une protection : au-delà de la 130e heure de l'année, les heures supplémentaires se faisaient avec ton accord. Cette règle a pris fin le 31 décembre 2022, et le contingent de 220 heures est depuis celui de la loi.
7. Ce que ta convention prévoit aussi
L'application ne chiffre pas ces droits-là, mais ils sont écrits dans ta convention :
- Temps partiel augmenté par avenant : les heures ajoutées sont majorées de 12 % jusqu'à 24 heures par semaine, puis de 15 % au-delà, et les heures faites au-delà de l'avenant de 25 %. Un contrat de 20 h porté à 30 h, c'est 22,08 € de plus par semaine à 16 € de l'heure.
- Beaucoup d'heures complémentaires : au-delà de 120 heures sur 12 mois, ton employeur doit te proposer un avenant qui relève ton horaire de 60 % de l'écart avec ton horaire moyen réel, ou te garantir l'année suivante autant d'heures que cet écart, sauf si tu t'y opposes. Contrat de 22 h, moyenne réelle de 26 h : 2 h 24 de plus par semaine.
- Un inventaire sur ton jour de repos : sauf le dimanche, ce repos doit t'être rendu au plus tard la semaine suivante.
- Un CQP de la branche : avec le CQP hôte de caisse services clients, tu dois être classé au moins au coefficient 140 ; avec le CQP vendeur conseil, au moins au coefficient 160.
Tu indiques ta convention une seule fois, et l'application applique le doublement du dimanche, la majoration des jours fériés, la nuit, et surtout la règle de non-cumul entre dimanche et férié, sans que tu aies à y penser. Pour la nuit, elle te demande si tu as été embauché pour des tâches de nuit et compte 25 % ou 100 %. Elle suit ton contingent de 220 heures et te dit ce qui reste réellement sur ton compte après cotisations. Si l'écart avec ta fiche de paie est réel, elle rédige la lettre de réclamation à ta place.
Sources et dates : Convention collective nationale du bricolage, articles 6.4 (repos, heures supplémentaires), 6.5 (nuit, jours fériés) et accord sur le travail du dimanche, textes en vigueur et étendus, relus à la source le 26 septembre 2026. Ces règles valent pour la convention de branche étendue : un accord d'entreprise peut prévoir davantage, et c'est alors lui qui s'applique.
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