Sécurité privée : ton jour férié est payé double, et tes majorations se cumulent
Agent de sécurité, rondier, opérateur de télésurveillance, agent de sûreté aéroportuaire : ta branche assume que le service tourne jour et nuit, sept jours sur sept, et elle le compense. Un jour férié travaillé est payé double, et surtout le dimanche, la nuit et le férié s'additionnent, ce que peu de conventions permettent. Voici les réponses à tes questions.
1. Le jour férié travaillé : payé double
C'est le droit le plus fort de ta convention, et il est simple : si tu travailles un jour férié, tu perçois le salaire correspondant au travail effectué, plus une indemnité égale à ce salaire. Autrement dit, une majoration de 100 %.
Deux précisions qui comptent :
- C'est toi qui décides si tu préfères un temps de repos équivalent à la place de l'indemnité. Ce repos doit alors être pris dans le mois suivant ;
- ces principes s'appliquent aussi aux fêtes martiniquaises : le Mardi gras, le Vendredi saint et le 2 novembre. Si tu travailles en Martinique, ces trois jours comptent comme des jours fériés.
Ce que ça vaut : une vacation de 12 heures un jour férié à 13,00 € de l'heure donne 156,00 € de salaire, plus 156,00 € d'indemnité. Sur les onze jours fériés de l'année, si tu en travailles la moitié, cela représente environ 900 €.
2. Le dimanche : +10 %, mais attention à la base de calcul
Ta convention majore le travail du dimanche de 10 %. Attention à la base, elle change le montant : cette majoration porte sur ton taux horaire minimum conventionnel, c'est-à-dire le minimum de ton coefficient, et non sur ton salaire réel.
Concrètement : si ton coefficient donne un minimum de 12,50 € et que tu es payé 13,50 €, la majoration se calcule sur 12,50 €, soit 1,25 € par heure, et non 1,35 €.
Ta convention encadre aussi ton repos : tes repos hebdomadaires doivent te laisser deux dimanches de repos par mois, en moyenne sur trois mois, chacun accolé à un samedi ou à un lundi de repos.
3. La nuit : +10 % de ton minimum, de 21 h à 6 h
Le travail de nuit, entre 21 heures et 6 heures, est majoré de 10 % de ton taux horaire minimum conventionnel, comme le dimanche, et non de ton salaire réel. Au coefficient 140, le minimum est de 1 965,78 € pour 151,67 heures depuis le 1er janvier 2026, soit 12,96 € de l'heure : chaque heure de nuit te rapporte 1,30 €, même si tu es payé 16 €. Le Code du travail, lui, n'impose aucun taux national de nuit : ce droit vient uniquement de ta branche.
4. En sûreté aérienne et aéroportuaire : +25 % la nuit, +50 % le dimanche
Si tu es agent de sûreté aéroportuaire, l'annexe VIII de ta convention te donne ses propres taux, plus élevés, et calculés sur ton taux horaire de base : +25 % pour chaque heure travaillée entre 21 heures et 6 heures, et +50 % le dimanche. Ces deux majorations se cumulent.
Ce que ça vaut : une vacation de nuit un dimanche, 8 heures à 13,00 €, te donne 26,00 € pour la nuit et 52,00 € pour le dimanche, soit 78,00 € de majorations.
Le jour férié ne s'y ajoute pas : l'annexe écrit que « ces seules majorations », la nuit et le dimanche, sont cumulables entre elles. Ton jour férié travaillé reste payé double, mais la nuit et le dimanche ne viennent pas en plus : c'est la plus forte qui compte. Une vacation de nuit un jour férié, 8 heures à 13,00 €, te donne 104,00 € pour le férié, sans les 26,00 € de la nuit.
Ta pause est d'au moins 30 minutes d'affilée, payée et comptée comme du travail.
5. Et surtout : tes majorations se CUMULENT
C'est le point le plus important de cette page, et l'un des rares cas où une convention le dit aussi clairement. La majoration du dimanche se cumule avec celle du travail de nuit et avec celle d'un jour férié. En sûreté aéroportuaire, le jour férié fait exception (partie 4).
Une vacation de nuit un dimanche te donne donc les deux majorations, et non la plus favorable des deux. Dans beaucoup d'autres branches, c'est l'inverse : on ne garde que la plus élevée.
À vérifier sur ta fiche de paie : si tu as fait un dimanche de nuit et que tu ne vois qu'une seule ligne de majoration, il en manque une.
6. Tes heures supplémentaires et ton contingent de 329 heures
Les heures supplémentaires suivent les taux du Code du travail, au-delà de 35 heures par semaine : +25 % de la 36e à la 43e heure, puis +50 % à partir de la 44e.
En revanche, ton contingent annuel est de 329 heures, contre 220 heures dans le régime standard. C'est l'un des plus élevés des branches courantes, et ce n'est pas un avantage : cela veut dire que ton employeur peut te demander beaucoup plus d'heures supplémentaires avant que les contreparties renforcées ne se déclenchent.
Au-delà de ces 329 heures, chaque heure ouvre droit à une contrepartie obligatoire en repos : 30 minutes par heure dans les entreprises de 20 salariés au plus, 1 heure par heure au-delà.
Un point à connaître : ta convention ne permet pas de remplacer la majoration de salaire par du repos. Si ton employeur te propose du repos à la place de l'argent, il lui faut un accord d'entreprise qui le prévoit, ou une décision unilatérale prise en l'absence de délégué syndical et sans opposition du CSE.
Les primes de ta branche, et elles sont nombreuses
La sécurité privée est l'une des conventions les plus riches en primes chiffrées. Les principales :
- prime de panier : due après 6 heures travaillées, 4,48 € depuis le 1er janvier 2026 (6,87 € en sûreté aéroportuaire) ;
- indemnité d'entretien des tenues : forfaitaire, sans justificatif, quand ta tenue appartient à l'entreprise : 8,78 € nets par mois depuis le 1er janvier 2026 (la sûreté aéroportuaire a sa propre indemnité) ;
- prime d'habillage et de déshabillage : fixée en 2001 à 130 francs par mois pour 151,67 heures (19,82 €), au prorata des heures faites ; en sûreté aéroportuaire, un temps forfaitaire par jour travaillé ;
- indemnité d'amortissement et d'entretien du chien : 1,41 € par heure de travail effectif de l'équipe homme-chien, et de 1,75 € à 3,03 € par aller-retour quand tu viens avec lui, selon la distance ;
- prime d'ancienneté : agent d'exploitation, employé, technicien ou agent de maîtrise, une prime calculée sur le minimum de ton coefficient, 2 % après 4 ans, 5 % après 7, 8 % après 10, 10 % après 12 et 12 % après 15 ; au coefficient 140, 98,29 € par mois après 7 ans ;
- prime d'étalement des congés : si tu prends 2 des 4 semaines de ton congé principal hors du 1er juin au 30 septembre et des périodes de pointe, 4 % de l'indemnité de congés de ces 2 semaines ;
- en sûreté aéroportuaire : une prime annuelle de sûreté égale à 1 mois de ton salaire brut de base, versée en novembre si tu as 1 an d'ancienneté et que tu es présent au 31 octobre, une prime de performance individuelle, une indemnité d'entretien des tenues de 12,20 € par mois sur justificatif, et une indemnité de transport calculée par tranches de kilomètres.
Les montants sont revalorisés par avenants : prends toujours ceux de l'année concernée, et non ceux d'un ancien accord. En cas de vacation de 12 heures, une seule indemnité de panier est due.
Ce que ta convention prévoit aussi
L'application ne chiffre pas ces droits-là, mais ils sont écrits dans ta convention :
- Un repos pour la nuit : chaque heure travaillée entre 21 h et 6 h te donne en plus un repos égal à 1 % de cette heure, dès la première : 150 heures de nuit dans le mois font 1 h 30 de repos. Il ne peut pas t'être payé à la place, sauf à la fin de ton contrat, et il doit apparaître sur ta fiche de paie sur une ligne à part.
- 6 heures payées au minimum : toute période de travail t'est payée au moins 6 heures. Deux périodes séparées par 2 heures ou moins comptent pour une seule ; si la coupure dépasse 2 heures, c'est toute l'amplitude qui t'est payée. De 8 h à 10 h puis de 13 h à 17 h, tu dois être payé 9 heures. Cette règle ne vaut pas en sûreté aéroportuaire.
- Le jour férié chômé ne peut pas faire baisser ton salaire, quelle que soit ton ancienneté, si tu as travaillé la veille et le lendemain (sauf absence autorisée).
Tu indiques ta convention et ton métier une seule fois, et le minimum de ta grille si tu n'es pas en sûreté aéroportuaire : l'application applique tes majorations, y compris leur cumul quand ton métier y a droit. Elle compte tes vacations au fil des journées, suit ton contingent de 329 heures, et te dit ce qui reste réellement sur ton compte après cotisations. Si l'écart avec ta fiche de paie est réel, elle rédige la lettre de réclamation à ta place.
Sources et dates : Convention collective nationale des entreprises de prévention et de sécurité : avenant du 25 septembre 2001 sur le travail de nuit, accord sur le travail du dimanche en vigueur depuis le 1er juillet 2004, annexe VIII (sûreté aérienne et aéroportuaire, article 3), grille des minima au 1er janvier 2026, textes en vigueur et étendus, lus à la source le 26 septembre 2026. Ces règles valent pour la convention de branche étendue : un accord d'entreprise peut prévoir davantage, et c'est alors lui qui s'applique.
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