Convention collective · IDCC 1597

Bâtiment : ton samedi travaillé t'est rendu en repos

Maçon, coffreur, plaquiste, électricien, plombier, couvreur, peintre, carreleur : si ton entreprise compte plus de 10 salariés, ta convention te donne des droits que beaucoup ignorent. Un samedi travaillé t'est rendu en repos, tes pauses des travaux pénibles sont payées, et ton contingent d'heures supplémentaires est de 300 heures, pas 180 comme on le lit encore souvent. Voici les réponses à tes questions.

1. Un samedi (ou un lundi) travaillé : tes heures te sont rendues en repos

Ton repos de la semaine, c'est 48 heures d'affilée : le dimanche et le samedi (ou le lundi). Si ton employeur te fait travailler ce samedi (ou ce lundi), pour des travaux urgents ou continus par exemple, il te doit un repos égal aux heures faites en plus de tes 5 jours, à prendre sous 5 semaines, si possible dans le même mois.

La moitié de ce repos est payée : pour un samedi de 7 heures, 7 heures de repos, dont 3 h 30 payées, soit 56 € à 16 € de l'heure. Ces heures du samedi restent bien sûr payées, avec leurs majorations d'heures sup.

Une seule exception : un samedi qui sert à rattraper des heures perdues pour intempéries n'ouvre pas ce repos.

Ce que fait l'application : elle te demande une fois ton jour de repos, puis, quand tu le travailles sur une semaine de 6 jours, si c'était en plus de ta semaine ou pour rattraper des intempéries. Elle compte alors ton repos et te rappelle la date limite.

2. Tes heures supplémentaires : 25 % puis 50 %

Au-delà de 35 heures par semaine : +25 % pour les huit premières heures, puis +50 % à partir de la 44e heure. C'est la semaine qui compte, pas le mois.

Un jour férié chômé compte comme du travail pour tes heures sup. Exemple : un lundi férié chômé (7 heures), puis 4 jours de 9 heures. Tu as travaillé 36 heures, mais ta semaine en compte 43 : 8 heures sup à 25 %, soit 32 € à 16 € de l'heure, au lieu d'une seule.

3. Ton contingent : 300 heures, et non 180

Le contingent est le nombre d'heures supplémentaires que ton employeur peut te demander dans l'année. Pour les ouvriers des entreprises de plus de 10 salariés, il est de 300 heures, ou de 265 heures si ton horaire est annualisé, c'est-à-dire compté sur toute l'année.

D'où vient ce chiffre : l'ancien contingent de la convention (145 heures, plus 35 hors annualisation) a été remplacé par un accord de branche de 2018, rendu obligatoire en 2020 pour toutes les entreprises de plus de 10 salariés. Beaucoup de sites affichent encore 180 heures : c'est l'ancien texte.

Ce que ça change pour toi : au-delà du contingent, chaque heure sup ouvre en plus une contrepartie obligatoire en repos : 30 minutes par heure dans une entreprise de 20 salariés au plus, 1 heure par heure au-delà. Ta convention écrit encore un repos de 100 % pour des heures « exceptionnelles » autorisées par l'inspection du travail, une autorisation que la loi a supprimée en 2008 : c'est le repos de la loi qui s'applique, et c'est lui que compte l'application.

Ce que fait l'application : elle te demande une fois si ton temps de travail est compté sur l'année. Tant que tu ne réponds pas, elle compte 300 heures, pour ne jamais te faire réclamer un repos qui ne te serait pas dû.

4. Les travaux pénibles : tes pauses sont payées

Pour les travaux que ta convention liste, tu as droit à des interruptions égales à 10 % du temps de travail pénible, payées et comptées comme du travail : 42 minutes pour 7 heures.

La liste : montage ou démontage d'échafaudages, de grues ou de sapines à plus de 10 mètres au bord du vide, travail sur échafaudage volant ou à la corde à nœuds, plus de 25 cm d'eau, marteau-piqueur ou brise-béton tenu à la main, vapeurs d'acide, égouts en service et fosses d'aisances, fouilles étroites de plus de 6 mètres de profondeur, locaux à plus de 45 °C, port d'un masque.

Ce que fait l'application : elle te demande une fois si c'est ton travail habituel, puis recompte tes pauses pointées comme du travail, jusqu'à 10 % de ta journée.

La nuit, le dimanche et les jours fériés : c'est ta région qui fixe les taux

La convention nationale ne fixe aucune majoration de nuit, de dimanche ni de jour férié travaillé : elle les renvoie aux conventions régionales.

Le 1er Mai travaillé, lui, est payé double partout : c'est la loi. Ce que tu peux faire : si une majoration figure sur ta fiche de paie, le scan la reprend, ou tu la saisis dans l'application.

Ce que ta convention prévoit aussi

L'application ne chiffre pas ces droits-là, mais ils sont écrits dans ta convention :

Comment Pointaloo t'aide

Tu indiques ta convention une seule fois. L'application te demande ton jour de repos et compte le repos de chaque samedi (ou lundi) travaillé en plus de ta semaine. Elle te demande aussi, une fois, si tes travaux sont pénibles : tes pauses pointées sont alors recomptées comme du travail. Elle suit ton contingent de 300 heures au fil de l'année. Elle te dit ce qui reste réellement sur ton compte après cotisations, pas seulement le brut. Si l'écart avec ta fiche de paie est réel, elle rédige la lettre de réclamation à ta place.

Sources et dates : Convention collective nationale des ouvriers du bâtiment (entreprises de plus de 10 salariés) du 8 octobre 1990, articles 1.3, 3.14, 3.17, 3.22, 3.30, 4.22, 5.11, 5.25 et 12.5 ; accord du 6 novembre 1998 modifié par l'avenant no 2 du 7 mars 2018, étendu en 2020 ; accords de l'Isère de 2019 et 2023, étendus ; avenant du 27 avril 2023 pour l'Île-de-France. Textes lus à la source les 31 octobre et 1er novembre 2026. Un accord d'entreprise peut prévoir davantage, et c'est alors lui qui s'applique.

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